5 questions que vous vous posez sur la crémation

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Depuis 1887 et la loi sur la Liberté des Funérailles, nous pouvons en France choisir entre deux modes de sépultures au moment de notre mort : l’inhumation (action de mettre en terre un corps mort) ou la crémation (action de réduire en cendres un corps mort par le feu). Avant de répondre à vos questions sur la crémation, qui représente plus de 35% des décès, il semble important de faire une mise au point sur l’emploi du terme « crémation ». Bien que depuis 1894 une distinction ait été faite, incinération et crémation sont encore aujourd’hui souvent confondues. Ces deux termes n’ont pourtant pas la même symbolique !

La crémation est réservée à la destruction des cadavres (humains ou animaux) par le feu et s’effectue dans l’appareil à crémation d’un crématorium ;

L’incinération, quant à elle, fait référence à la destruction des détritus – déchets et ordures – par le feu grâce à un incinérateur. Attention donc aux maladresses…

Découvrons maintenant ce qui se passe dans l’ombre de cette pratique en plein essor en répondant à vos 5 questions les plus fréquentes sur la crémation.

Voit-on le cercueil brûler lors d’une crémation ?

Avant l’introduction du cercueil dans l’appareil à crémation (que la famille et les proches peuvent, ou non, décider de voir), le cercueil est placé sur un rail situé devant la porte de l’appareil, dans la partie technique du crématorium.

Lorsque la crémation est activée par l’employé du crématorium, un bras mécanique va amener le cercueil jusqu’à l’intérieur de l’appareil. L’action doit être rapide pour éviter tout accident technique. La famille, placée en parallèle de l’appareil à crémation, ne peut voir que le cercueil avancer puis disparaître dans l’appareil, le temps d’un instant, et n’entendre qu’un bruit lourd de la porte qui s’ouvre et se referme. Si certains affirmeront avoir vu des flammes sortir de l’appareil à crémation, ce n’est pas parce que l’appareil contient un véritable feu. Cela serait tout à fait infaisable d’un point de vue technique, et peu sécuritaire…

Mais alors, comment fonctionne l’appareil à crémation ?

L’appareil à crémation doit être préchauffé pendant quelques heures avant la première crémation. Pour ce faire, un brûleur interne est activé et vient chauffer pendant plusieurs minutes les pierres réfractaires constituant l’intérieur de l’appareil. Une fois les 850-900°C atteints, le cercueil peut entrer dans l’appareil. A ce moment précis, aucune flamme n’est présente. Le brûleur a été éteint depuis longtemps, seules les pierres réfractaires dégagent de la chaleur. Cependant, si le cercueil possède un vernis particulier ou si des fleurs ont été laissées sur son couvercle, ces éléments peuvent s’enflammer très vite en raison de la température interne approchant les 1 000°C. C’est ce qui peut provoquer l’apparition de certaines flammes. Mais cela reste très occasionnel. Ce n’est qu’une fois la porte refermée qu’un brûleur est actionné, quelques secondes seulement, pour aider à la consumation, qui grâce au bois du cercueil, s’auto-alimentera. Il n’y aura là encore pas de flamme.

Le cercueil en carton peut d’ailleurs poser problème à cette étape du procédé de crémation, car n’étant pas en bois, il ne participe pas à sa propre consumation. Il est donc nécessaire d’avoir recours au bruleur plus souvent et plus longtemps.

La combustion du cercueil, des vêtements et objets du défunt, ainsi que du corps dure environ 90 à 120 min en fonction du cercueil, des objets et de la corpulence du défunt.

Que contiennent les cendres ?

La température interne de l’appareil à crémation est si haute (environ 900°C) que la majorité des éléments présents dans l’appareil de crémation vont s’évaporer en très fines particules ou en gaz durant la combustion.

C’est le cas du cercueil (et des quatre poignées obligatoires, vis et caches-vis qui sont spécialement conçus en résine pour brûler lors de la crémation), du capiton, des habits du défunt et des objets personnels qui ont pu être déposés dans le cercueil avant sa fermeture. C’est également le cas pour les 65% d’eau dont est composé le corps humain et l’ensemble de sa matière organique. De tout cela, il ne restera absolument plus rien. Rien du tout.

Cependant, si les os dégagent des gaz qui brûlent eux aussi, la plupart d’entre eux ne brûlent pas à cette température. Ainsi, à l’issue de la combustion d’un corps, il subsiste les os les plus importants du corps humain, souvent reconnaissables pour la plupart.

C’est à ce moment-là que l’employé du crématorium récupère dans un sabot (récipient) l’ensemble des os encore chauds présents dans l’appareil. Rien ne doit y être laissé. L’appareil est entièrement vidé entre chaque crémation. Le sabot est par la suite placé dans un pulvérisateur, une fois les prothèses et morceaux métalliques retirés. Les os sont alors broyés en fines particules : c’est ce qu’on appelle les cendres.

Une fois l’opération réalisée, qui ne dure que quelques minutes, les cendres sont étalées pour être refroidies durant une heure environ. Elles sont ensuite placées dans une urne d’environ 3 à 4 litres, qui sera scellée si les cendres n’ont pas pour vocation d’être dispersées. Une plaque d’identification précisant le nom du défunt, l’année de naissance et l’année de décès ainsi que le nom du crématorium doit être obligatoirement collée sur l’urne. (?)

Récupère t-on des cendres suite à la crémation d’un bébé ?

La crémation est le mode de sépulture le plus choisi en cas de décès de tout-petit. Ce taux, qui avoisine les 80% n’est pas seulement le résultat de choix parentaux, mais peut également découler d’une obligation réglementaire.

Deuil périnatal : ces rituels qui peuvent aider

Si l’enfant naît vivant et viable et décède après sa naissance, ses obsèques sont obligatoires et à la charge de la famille. Elle doit alors choisir entre l’inhumation ou la crémation de son tout-petit.

Cependant, si l’enfant naît mort après le seuil de viabilité (ou s’il naît vivant mais non viable), les obsèques individuelles, prises en charge par la famille sont possibles, mais non obligatoires. Dans le cas contraire, c’est l’hôpital qui prendra en charge le tout-petit et qui décidera du mode de sépulture (inhumation en terrain commun ou crémation collective).

Au-delà de ce choix particulièrement difficile pour les familles, une autre spécificité de la crémation d’un tout-petit pose problème. Lorsqu’une crémation est choisie pour un enfant de moins d’un an, le corps est alors directement sublimé (il passe de l’état solide à l’état gazeux) pendant la crémation, ce qui ne permet pas de recueillir de cendres. Que dire aux parents dans un tel cas et quelle trace, quel souvenir leur donner ?

Laisser, garder une trace est primordial pour les parents et leur travail de deuil. Cette trace est donc à créer, à matérialiser, à rendre réelle. Lire notre article sur les cérémonies collectives organisées pour célébrer son enfant

Les crématoriums ont compris cette nécessité et ont généralisé depuis quelques années l’utilisation de médaillon du souvenir. C’est le cas du crématorium du Père Lachaise qui propose aux familles de déposer le médaillon sur le cercueil de leur enfant, qui l’accompagnera durant toute la crémation et leur sera remis à la fin du procédé.

Une cérémonie du souvenir et de recueillement est également proposée deux fois par an par le crématorium à tous les parents concernés par un deuil périnatal et qui ont laissé la charge du devenir du corps à une institution hospitalière, n’ayant alors aucune trace de leur enfant…

Les métaux issus de la crémation sont-ils recyclés ?

Comme nous venons de l’expliquer plus haut, les prothèses (de hanches, de genoux, etc.) et les métaux (porthèses, dent en or, clou, etc.) sont séparés des restes osseux avant leur pulvérisation. Mais que peuvent bien en faire les crématoriums ? On est nombreux à se poser la question.

Ces éléments, qui représentent une certaine quantité de matériaux, sont considérés comme des « déchets ». Régis par le code de l’environnement, ils ne peuvent pas être enfouis pour ne pas polluer les sols, par exemple.

La très grande majorité des crématoriums ont ainsi choisi de les recycler. Comment ? En vendant ces matériaux au poids à des entreprises privées.

Cette pratique peut choquer. Tout d’abord, du fait que ces éléments appartiennent au défunt. Dans l’absolu, ils devraient être rendus à la famille. Les familles peuvent le demander. Mais cela reste une question délicate à aborder (et une information délicate à connaitre) et ne serions-nous pas gênés à l’idée de récupérer une prothèse de hanche à l’issue de la crémation avec l’urne ? Et pour quoi faire ? La loi ne prévoit rien (encore ?) à ce sujet.

D’autre part, car cette pratique n’est pas publiquement assumée par les crématoriums, peu de citoyens connaissent cette pratique et elle est encore moins précisée par les professionnels des pompes funèbres durant la préparation des obsèques. Cette ombre (volontaire ?) créé en ce sens une réelle polémique et soulève de véritables questions morales et éthiques.

Cependant, certains crématoriums montent spécialement des fondations qui reversent l’argent récolté du recyclage de ces matériaux à différentes associations en lien avec la mort et le deuil. C’est le cas notamment de la Fondation des Services Funéraires de la Ville de Paris (qui géraient jusqu’à l’année dernière les crématoriums du Père Lachaise et de Champigny-sur-Marne) offrant chaque année plusieurs dizaines de milliers d’euros à des associations. Mais là encore cette pratique manque de transparence et de communication.

Nous pouvons également nous demander, en cas d’inhumation, ce que la Mairie fait de ces matériaux lorsque la concession est arrivée à échéance et que les restes du défunt sont mis, par exemple, à l’ossuaire…

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Peut-on transformer les cendres en diamants ? 

Lorsque la crémation a été choisie, se pose la question de la destination des cendres. S’il est possible en France de placer l’urne en cimetière (en sépulture d’inhumation, en cavurne, en columbarium, scellée sur un monument ou de disperser les cendres en jardin du souvenir) ou encore de les disperser en pleine nature, dans la mer ou en rivière, d’autres alternatives sont possibles ailleurs.

C’est le cas par exemple de l’entreprise Algordanza en Suisse, qui propose de transformer des cendres humaines en diamant grâce au carbone qui les compose. Sur les 2 à 3 kg de cendres issues de la crémation, la société n’aura besoin que de 500 g pour la transformation.

Le procédé, est identique à celui de la création de diamant synthétique, qui reproduit en quelques semaines en laboratoire les conditions naturelles de plusieurs milliards d’années.

Comptez entre 2 800 et 10 600 euros pour un diamant, en fonction de son poids et des finitions, qui seront tout de même à ajouter au prix initial de la crémation. Cependant, pour la couleur cela reste aléatoire. Elle peut varier entre le blanc et le bleu foncé en fonction du mode de vie du défunt (lieu d’habitation, alimentation, médicaments, etc.).

Cependant, cette pratique reste tout à fait illégale en France, ou seules l’inhumation et la crémation sont autorisées. La division des cendres y est également interdite, ce qui reste une condition sine qua non à la création de « diamants du souvenir ».

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