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En France, la pratique de l’euthanasie est interdite par la loi. Si la sédation profonde et continue se présente comme une alternative, elle ne convient pas à tout le monde. Ainsi, depuis plusieurs années, un débat vers une possible légalisation d’une autre aide active à mourir (terme employé pour désigner l’euthanasie ou le suicide assisté) est lancé sur le territoire.

Pourquoi l’euthanasie est-elle interdite en France ?

On parle d’euthanasie lorsqu’un médecin interrompt volontairement la vie d’un patient en lui injectant un produit létal, dans le but de mettre fin à des souffrances jugées insoutenables.

En France, le médecin est envisagé comme celui qui sauve la vie et non qui donne la mort. D’ailleurs, une grande partie du corps médicale français se présente contre cette pratique. En septembre 2022, si le Comité consultatif national d’éthique avait tranché sur la possibilité d’une légalisation de l’aide à mourir (aux conditions strictes), l’Ordre des médecins, lui, avait émis un avis défavorable.

De plus, notre société admet que personne ne doit être en capacité de donner la mort sans être puni, quelque soit la raison derrière ce geste, sauf en cas de prescription. En 1987, Anne Ratier a donné la mort à son fils de 3 ans, lourdement handicapé depuis la naissance. Elle ne va l’avouer que 32 ans plus tard, en 2019 lors de la publication de son livre J’ai offert la mort à mon fils. La justice fait prescription et Anne Ratier ne sera jamais condamnée. Pour les militants anti-euthanasie, cette affaire constitue la preuve qu’une telle pratique ne sera jamais correctement encadrée.


Sédation profonde et continue, suicide assisté : quelle différence avec l’euthanasie ?

La sédation profonde et continue 

Au nom du principe du non acharnement médical, la sédation profonde et continue se présente comme l’unique alternative autorisée. Dans ce cas de figure, les équipes médicales peuvent injecter un produit sédatif. Celui-ci sert uniquement à soulager les douleurs et améliorer le confort du patient jusqu’à son décès.

Dans ce cas de figure, le patient doit en faire la demande. Et s’il est dans l’incapacité de s’exprimer, des personnes de confiance doivent prendre le relais et transmettre les volontés du proche concerné.

Le suicide assisté 

Dans le cadre d’un suicide assisté, le corps médical se contente seulement de délivrer une ordonnance. Le patient doit lui-même se procurer les substances létales et se les administrer. Comme pour la sédation profonde, les pays qui autorisent le suicide assisté imposent des conditions strictes.

Quelle place pour l’euthanasie en Europe ?

Contrairement à la France, plusieurs pays européens ont déjà légiféré à propos de l’euthanasie et du suicide assisté. En effet, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et plus dernièrement l’Espagne ont opté pour une légalisation de l’euthanasie. De leur côté, la Suisse et la Suède ont décidé d’autoriser le suicide assisté sous certaines conditions.

D’ailleurs, il n’est pas rare que des français souhaitant recourir à l’euthanasie ou au suicide assisté se rendent dans ces pays voisins. En 2018, Jacqueline Jencquel, en parfaite santé, avait exprimé le souhait de recourir au suicide assisté en Suisse. Puis, quatre ans plus tard, cette militante pro-euthanasie s’est finalement donné la mort à Paris. « Je n’ai pas eu envie de m’exiler pour mourir, et j’ai la chance de pouvoir choisir car j’ai le bon produit. Pourquoi? J’y ai pensé en amont, c’est tout », écrivait-elle dans une des dernières publications de son blog.

L’Autriche, l’Allemagne et la Norvège ont, quant à elles, pris une décision comparable à la France en optant pour la sédation profonde. Cependant, la Roumanie, la Bosnie, la Serbie, la Pologne ou le Portugal punissent toujours sévèrement la pratique de l’euthanasie. Celle-ci est considérée comme un crime passible d’une peine de prison.

Vers une possible légalisation en France ?

Ces dernières années, les militants français pro-euthanasie se font davantage entendre par les politiques.

En 2023, une convention citoyenne sur la fin de vie a été organisée pour permettre aux citoyens d’exprimer un avis sur la question. Au terme de leurs travaux, les participants s’étaient prononcés en faveur de la légalisation d’une aide active à mourir.

Depuis la conclusion émise par la convention, un projet de loi sur la fin de vie est mené par la ministre Agnès Firmin Le Bodo. Une première version du texte, résultat de plusieurs réunions avec des parlementaires et un cercle de représentant des soignants devrait être étudiée par Matignon d’ici la fin de l’été. L’aide active à mourir n’a donc pas fini de diviser les français.

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