Aquamation : écolo à vie à la mort !

Les français sont de plus en plus nombreux à se soucier de la planète au moment de choisir leurs obsèques et à ainsi opter pour la crémation pour des raisons écologiques. L’occasion de faire le point sur l’aquamation, une nouvelle technique légale dans certains états des Etat-Unis et au Canada, qui pèse encore moins sur l’environnement !
aquamation

L’aquamation, c’est quoi ?

L’aquamation est une technique basée sur l’hydrolyse alcaline. Elle consiste à plonger le corps dans un bain composé de potassium et de sodium puis à le chauffer à une température oscillants entre 95 et 150°C. Ce processus dure entre 5 à 10 heures. Après quoi, il ne reste plus qu’un liquide saumâtre. Seuls, les os restent sous forme de poudre et sont rendus à la famille dans une urne funéraire. Grâce à cette technique, le corps se décompose en quelques heures, comme il le ferait naturellement en 25 ans !

Qui a inventé l’aquamation ?

L’hydrolyse alcaline, la solution chimique utilisée lors de l’aquamation, a été brevetée aux Etats Unis en 1888 par l’anglais Amos Herbert Hobson. Il travaillait alors à la dissolution de carcasses d’animaux. Le procédé a, par la suite, été utilisé à cet effet dans les abattoirs. L’Angleterre en a fait l’usage lors de l’épidémie de vache folle. Le pays craignait que la crémation diffuse, par ses émanations, des agents infectieux responsables de la maladie. Avec l’aquamation, toutes bactéries ou virus sont neutralisés.

Crémation et aquamation : quelles différences ?

La crémation connaît aujourd’hui un véritable essor. Si au début des années 2000, 51% des français optaient pour la crémation, aujourd’hui, nous sommes 63% à choisir cette méthode. Parmi ces nouveaux adeptes, 40% l’ont choisie par souci écologique. Mais la crémation a-t-elle vraiment un faible impact sur l’environnement ? Pas vraiment. Tout d’abord, les fours crématoires sont coûteux en énergie. Ils sont alimentés par des énergies fossiles et nécessitent d’être chauffés entre 900°C et 1200°C. Les machines réalisant l’aquamation sont bien plus économes en ne chauffant qu’à une centaine de degrés !

Par ailleurs, la combustion lors de la crémation est responsable de fortes émissions toxiques. D’après la société funéraire Le sieur pratiquant l’aquamation, seul 1 kg de CO2 est émis lors d’une aquamation contre 160 kg pour une crémation.

Une étude néerlandaise l’a également démontré en 2011. Elle a déterminé que l’aquamation produit environ 100 kg de dioxyde de carbone de moins que la crémation. Parmi quatre techniques funéraires, en tout point (épuisement abiotique, toxicité humaine, terrestre, aquatique, réchauffement climatique…), l’aquamation est toujours la technique la plus écologique. Michel Kawnik, président de l’Association française de l’information funéraire (AFIF), le reconnaît : « nul ne peut nier comme ces nouvelles nouvelles techniques respectent la terre ».

Autre atout : le liquide résultant du processus est si riche en nutriments qu’il pourrait servir d’engrais ! D’ailleurs, Amos Herbert Hobson, l’inventeur de l’hydrolyse alcaline, ne cherchait d’ailleurs au départ pas une méthode funéraire destinée aux humains… mais une façon de transformer les os des animaux en fertilisants.  

Les français sont-ils prêts ?

La crémation est autorisée en France depuis la fin du XIXème siècle, date de la loi de 1887 sur « la liberté des funérailles ». Il aura donc fallu plus d’un siècle à la crémation pour se populariser, jusqu’à dépasser l’inhumation. L’aquamation mettra-t-elle si longtemps à être acceptée ? Puisqu’aujourd’hui, 40% des français optent pour la crémation par souci pour l’environnement, cet argument pourrait faire pencher la balance en faveur de l’aquamation si elle venait à être légalisée. L’aquamation pourrait également convaincre des personnes réticentes à la crémation, qui détruit le corps par le feu. C’est en effet le troisième motif le plus mentionné par ceux qui choisissent l’inhumation et la seconde chez les femmes. L’aquamation, certes, détruit également le corps, mais par l’eau, un élément beaucoup plus doux. Comme la fin d’un cycle, après le corps du liquide amniotique à la naissance, l’homme se retrouverait ainsi plongé dans l’eau à sa mort.

Dernier argument et non des moindres, l’aquamation coûte moins chère que la crémation ! Il faut compter  environ 350 € pour une aquamation, dans les pays où elle est pratiquée contre 550 € pour une crémation. Cela s’explique notamment par l’absence d’achat de cercueil. Lors de la sépulture, un cercueil de l’entreprise funéraire est mis à disposition mais sert ensuite aux obsèques d’autres défunts.

Quels obstacles à l’application de l’aquamation en France ?

Sollicité pour l’ouvertures à de nouvelles techniques ou outils funéraires, l’Etat Français oppose bien souvent l’argument du risque hygiénique. Pourtant,  en neutralisant les virus et les bactéries dans la solution, l’aquamation est justement bien plus sûre que la crémation. D’après Michel Kawnik, président de l’AFIF, l’obstacle majeur serait la puissance du lobbying des entreprises funéraires. Les obsèques représentent un marché très important et cette technique représenterait une baisse de profit pour ces entreprises : des ventes de cercueils en baisse, pas de soin de thanatopraxie…

L’aquamation est légale depuis huit ans en Australie et, dans une vingtaine d’Etats Canadiens, dans 15 États américains, en Angleterre et au Pays Bas. En France, sa légalisation n’est toujours pas été mise clairement sur la table. En janvier 2018, le ministère de l’intérieur déclarait, en réponse au député Eric Pauget, que l’aquamation était sujet à réflexion au sein du Conseil national des opérations funéraires (CNOP).

Que faire en attendant sa légalisation ?

Si vous souhaitez réduire votre impact environnemental à votre mort, optez plutôt pour un cercueil en bois certifié, sans vernis, ni tissus, ou bien un cercueil en carton. Lors d’une inhumation, privilégiez si possible un caveau déjà existant, car leur construction est très énergivore. Préférez aussi des produits français pour éviter les importations très polluantes. Michel Kawnik de l’AFIF encourage également à cesser de pratiquer les soins thanatopraxiques qui ne sont pas obligatoires.

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