Deuil au travail : des propositions pour une meilleure prise en charge des salariés

Les Assises du deuil concernant le deuil au travail

Ce mardi 8 février s’est tenue la clôture des Assises du deuil 2021, organisées par l’association Empreintes, au Palais Bourbon, à Paris. Soutenue par le Ministères des Solidarités et de la Santé, cette édition présentait des propositions pour améliorer la prise en charge du deuil au travail.

Selon la dernière étude du CREDOC : les Français face au deuil, un manager sur trois a été confronté à un collaborateur en deuil au sein de son équipe. Pourtant, “au sein des entreprises, le soutien au deuil ne s’organise pas mais s’improvise, affirme Sereine Mauborgne, député du Var et infirmière. Les chiffres sont révélateurs de cette problématique. 80% des salariés français ont jugé inadapté, inutile voire inexistant le soutien des ressources humaines lors d’un deuil.

Arrêts de travail suite à un deuil

Crédit : Présentation de l’association Empreintes à l’occasion des Assises du deuil 2021

Conséquence directe de ce manque d’accompagnement, les arrêts de travail liés à un deuil durent en moyenne 34 jours par an. Ils représentent 700 M d’euros d’indemnités journalières chaque année. Une somme que l’association Empreintes souhaite revoir à la baisse en appliquant plusieurs propositions pour un meilleur accompagnement dans les entreprises. Nous en avons retenu cinq, les voici.

La création d’un comité de deuil

La création d’un comité de deuil est la première préconisation de l’association Empreintes. Il pourra être constitué de membres de la direction, de managers de proximité et de collaborateurs et collaboratrices. À noter qu’il est important que les membres de ce comité occupent différents niveaux hiérarchiques. En effet, “le lien hiérarchique peut complexifier le contexte relationnel”, met en garde l’association. De façon collective, leur rôle sera d’anticiper les possibilités d’aménagement pour le salarié en deuil au sein de l’entreprise et de les faire appliquer le cas échéant. Pour cela, il faudra sensibiliser à la question du deuil en interne d’une part, mais également désigner et former un·e Référent·e deuil parmi les collaborateurs.

La désignation d’un·e Référent·e deuil

Dans la continuité de la création d’un comité de deuil au sein des entreprises, l’association Empreintes préconise la désignation d’un.e Référent.e deuil. À la suite de sa formation, celui-ci aura les connaissances nécessaires sur le deuil, son processus et ses répercussions pour écouter, informer et orienter les personnes en deuil. Ce statut est plus qu’essentiel. Selon la dernière étude du CREDOC, 70% des salariés en deuil ont estimé en 2021 que le soutien de leur direction avait été inexistant, inutile et inadapté. Au vu de l’absolue nécessité de la formation de Référent·e·s deuil, l’association Empreintes souhaite imposer la mesure aux entreprises. Pour cette mise en place, ils s’en remettent aux politiques publiques.

Les salariés en deuil ne sont pas accompagnés par leur direction

Crédit : Présentation de l’association Empreintes à l’occasion des Assises du deuil 2021

Un égal droit à congés pour tous membres d’une famille

À ce jour, l’article L3142-1-1 du code du travail admet que en cas de décès d’un enfant âgé de moins de vingt-cinq ans ou d’une personne âgée de moins de vingt-cinq ans à sa charge effective et permanente, le salarié a le droit à un congé de deuil de huit jours. L’association Empreintes souhaite remplacer cet article par le suivant. « En cas de décès d’un proche susmentionné, le salarié a droit, sur justification, à un congé de deuil de huit jours qui peuvent être fractionnés dans des conditions prévues par décret. Le salarié informe l’employeur vingt-quatre heures au moins avant le début de chaque période d’absence. Le congé de deuil peut être pris dans un délai d’un an à compter du décès. »

L’association Empreintes propose également la réécriture de l’alinéa 4. L’objectif : ajouter la possibilité d’obtenir des congés suite au décès de tous membres d’une même famille. Ce changement permettrait donc aux salariés touchés par la perte d’un bel-enfant ou d’une personne à sa charge effective ainsi que par la perte d’un autre parent ayant (ou ayant eu la charge effective de l’enfant), d’un grand-parent ou d’un petit-enfant d’accéder à des congés.

Une campagne nationale annuelle d’information

À ce jour, les campagnes de sensibilisation mises en place par le gouvernement touchent aux addictions, au handicap, au harcèlement etc. Il est plus que temps que les politiques publiques décident de se saisir de la thématique du deuil, et notamment du deuil en entreprises pour “apporter des repères et permettre de changer de regard et dépasser certains tabous.” Car si aujourd’hui “34% des français en deuil sont heurtés par les propos ou les attitudes de leur entourage”, c’est notamment parce que la population est trop peu informée et sensibilisée aux sujets de la mort et le deuil. Une campagne de sensibilisation serait l’opportunité de délier les langues et de créer une conversation.

Les français heurtés par leur entourage suite à un deuil

Crédit : Présentation de l’association Empreintes à l’occasion des Assises du deuil 2021

La création d’un guide

Afin d’aider les entreprises dans l’amélioration de la prise en charge du deuil au travail, l’association Empreintes s’attèle à la création d’un Guide. Il fera état des bonnes pratiques à adopter pour rédiger un protocole de deuil interne à l’entreprise. Il abordera des thématiques comme : les enjeux du deuil au travail, les pratiques à recommander, mener un entretien de retour au travail… Et sera disponible d’ici le mois de mai.

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