Enterrement orthodoxe : les rites funéraires et la cérémonie

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La théologie et les pratiques de l’Église orthodoxe (ou orthodoxie) se rapprochent de celles des premiers âges de l’Église. Avec plus de 280 millions de baptisés dans le monde, et 500 000 fidèles en France, l’Eglise orthodoxe est, après l’Église catholique et l’ensemble des confessions protestantes, la troisième plus grande confession du christianisme.

Si aujourd’hui l’Église orthodoxe est une communion d’églises indépendantes sur le plan de l’organisation et de la discipline, ces églises sont liées entre elles sur le plan dogmatique.

Et tout comme la religion musulmane, hindou, et protestante, l’orthodoxie comporte des rites spécifiques lors du décès de l’un de ces membres.

Autopsie, dons d’organes… Quels droits a-t-on sur le corps d’un orthodoxe ?

Selon les traditions orthodoxes, l’autopsie (sauf lorsque celle-ci est rendue obligatoire par la loi) et le don d’organes sont des pratiques interdites. En effet, il est important pour les chrétiens orthodoxes de préserver l’intégrité du corps en vue de sa résurrection.

Néanmoins, la tradition a de plus en plus de mal à s’imposer face aux réalités légales et pratiques. Ainsi, l’euthanasie ne peut être empêchée quand elle est nécessaire.

La préparation du corps et la mise en bière selon les rites orthodoxes

Après le décès, les bras des fidèles orthodoxes sont croisés sur leur poitrine, les mains tournées face à eux. Une icône personnelle peut être posée entre leurs bras, et un bandeau inscrit d’une prière est déposé sur le front des défunts. Selon les rites orthodoxes, le corps ne doit pas recevoir de toilette mortuaire. Néanmoins, pour l’accompagner dans sa nouvelle vie, il est d’usage de vêtir le défunt de vêtements neufs.

La mise en bière se fait en présence du pope. C’est lui qui asperge le corps d’eau bénite et demande à Dieu d’expier le défunt de ses fautes avant de le bénir et de l’embrasser. C’est ensuite au tour de la famille de lui donner un ultime baiser. Il est courant de veiller ses morts dans la religion orthodoxe.

La crémation chez les orthodoxes

Dans la religion orthodoxe, le corps, tout comme l’âme, est concerné par le salut apporté par le Christ. Seule l’inhumation permet au corps de renaître lors de la Résurrection. Malgré le poids des traditions, les pratiques et les rites évoluent, notamment en raison de l’éclatement des familles et du coût onéreux des concessions. La crémation serait aujourd’hui choisie par 60% des familles.

La cérémonie à l’église selon les rites orthodoxes

Après la mort, le cercueil du défunt est supposé rester ouvert trois jours à son domicile, afin de laisser son âme s’échapper de son enveloppe charnelle. Dans les pays à majorité orthodoxe, le cercueil reste ouvert tout au long de la cérémonie funéraire, et jusqu’à l’enterrement. Les proches ont coutume de fleurir l’intérieur du cercueil resté ouvert.

Néanmoins, en France, laisser un cercueil ouvert n’est pas toléré, les orthodoxes placent à la place un drap violet, symbole de deuil, et une croix orthodoxe sur le haut du cercueil.

A l’église, le cercueil est placé de manière à ce que le défunt ait le visage tourné vers le Christ. Trois chandeliers sont placés au pied du cercueil et de chaque côté de celui-ci, pour symboliser l’entrée du mort dans la lumière céleste. Les membres présents à la cérémonie reçoivent des cierges et viennent les allumer à la flamme des chandeliers se trouvant près du défunt.

La cérémonie funéraire est rythmée par des chants et des prières. Les textes orthodoxes mettent l’accent sur la faiblesse de l’homme et la promesse d’une résurrection.

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L’enterrement orthodoxe

Après la cérémonie, le prêtre accompagne la famille au cimetière où auront lieu les derniers moments de prières. Le défunt est enterré face à l’Orient puisque c’est la direction dans laquelle le Christ doit réapparaître à la fin des temps, selon la tradition orthodoxe. La famille et les proches sont invités à déposer une poignée de terre sur le cercueil. Le prêtre, placé dans l’allée, laisse alors l’assistance embrasser la croix traditionnellement posée sur le cercueil.

Que devient l’âme des orthodoxes après la mort ?

La vision de l’au-delà pour les Orthodoxes est héritée de l’Apocalypse de Saint Jean. Dans ce texte, le paradis est une cité cubique dont les murs sont en pierres précieuses. Les âmes des orthodoxes n’y entrent pas immédiatement, mais cheminent après la mort en se dépouillant de toute impureté. Ce cheminement peut mener les âmes orthodoxes à traverser des états infernaux. Mais contrairement à la tradition catholique, l’orthodoxie rejette l’enfer comme état définitif. Ainsi, le paradis est toujours la destination finale de l’âme.