Enterrement écologique : organiser des obsèques éco-responsables

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Les familles sont de plus en plus nombreuses à souhaiter un enterrement écologique. Cercueil en carton ou en bois made in France, urnes biodégradables, tombes paysagères, cimetières écologiques : les alternatives durables pour les obsèques se multiplient France. Nos conseils pour organiser un enterrement respectueux de l’environnement.

Enterrement écologique : éviter les soins de thanatopraxie

Peu sont ceux qui le savent, mais si vous tenez à avoir un enterrement écologique, vous avez totalement le droit de refuser les soins de thanatopraxie appelés aussi soins de conservation. N’oubliez pas de le préciser dans vos dernières volontés. Au-delà d’être cancérigène et nocif pour la personne qui les manipule, les produits inoculés dans le corps du défunt pour le conserver et le présenter à la famille, sont mauvais pour la pollution de l’air (en cas de crémation) et des sols (en cas d’inhumation). Un corps peut très bien être conservé plusieurs jours sans se dégrader dans les cellules réfrigérées d’un funérarium. En cas de veillée du corps à domicile, un dispositif de conservation peut être mis en place : table réfrigérées ou sacs de carboglace disposés dans un lit.

Lire nos conseils pratiques pour veiller son défunt à domicile

En vous passant de soins de conservation, vous ferez, de plus, une jolie économie car ils coûtent en moyenne 400 € !

Pour un enterrement écologique, l’inhumation ou la crémation ?

Aujourd’hui, la seule étude réalisée à ce jour par les Services funéraires de la ville de Paris sur le sujet conclue que le bilan carbone de la crémation est plus léger que celui de l’inhumation.

D’après cette étude, la crémation serait 3,6 fois moins polluante qu’une inhumation.

Pour l’inhumation, il faut prendre en compte :

  • le matériau du cercueil (cf. item cercueil)
  • les matériaux nécessaires à la réalisation du monument et de la stèle

Une inhumation avec construction d’un caveau et la pose d’un monument, souvent importé du Sud-Est asiatique, équivaut à plus de 5 crémations. Par ailleurs, le processus de fabrication en béton est très énergivore. A savoir : certains granits extraits en Afrique du Sud, au Brésil, en Norvège ou en France sont façonnés en Chine. Leur impact en gaz à effet de serre est au moins 3 fois plus important que celui d’un monument extrait et façonnée en France.

  • les rejets par le corps humain qui finissent par souiller la terre et s’infiltrer dans les sols et les eaux
  • l’utilisation de produits pour l’entretien du cimetière.

En cas d’inhumation en pleine terre, le bilan carbone est équivalent à une crémation.

Choisir un cimetière écologique

@Laura Remoué

cimetière écologique les arbres de Mémoire

La nouvelle tendance à l’écologie voit naître en France des cimetières plus respectueux de l’environnement (comme le cimetière écologique de Niort ou celui de Paris à Ivry-sur-Seine). Ces cimetières écologiques, encore très rares en France ont plusieurs caractéristiques :

  • Ils refusent les corps ayant subi des soins de thanatopraxie
  • Les cimetières écologiques recourent à l’inhumation en pleine terre
  • Les cercueils en bois non vernis ou en carton y sont obligatoires
  • Les sépultures n’ont pas de pierre tombale et les stèles sont en bois.

Opter pour un site cinéraire

Il existe des sites cinéraires naturels (Les Jardins de Mémoire (56) et Les Arbres de mémoire (49) mais ces deux sites sont à ce jour complets. Heureusement, la forêt cinéraire d’Arbas pour reposer au pied d’un arbre après une crémation accueille encore des défunts.

Lire aussi : Humusation : l’homme, un être vivant comme un autre ?

Le choix d’un cercueil écologique

La loi interdit formellement que l’on se passe d’un cercueil. Néanmoins, il existe aujourd’hui des alternatives plus écologiques que d’autres.

Le cercueil en carton

Cercueils en cartonPour fabriquer un cercueil en carton, on utilise du bois déjà traité et coupé.  Un cercueil en carton est un assemblage de fibres de papiers recyclées et de fibres naturels de bois, réalisé à partir de solvants naturels. 

Un des atouts du cercueil en carton : il est très léger et livré à plat et demande donc moins d’énergie pour être transporté. Certains d’entre eux nécessitent également moins d’espace pour être stockés car ils sont livrés pliés.

Encore peu utilisés en France, contrairement à l’Europe du Nord, l’usage du cercueil en carton se développe et certaines entreprises ont bien compris les nouvelles attentes du marché, c’est le cas par exemple d’AB Crémation et de LifeArt qui proposent de personnaliser son aspect.

En revanche, une crémation dans un cercueil en carton produit entre 14 kg et 46 kg de CO2, selon qu’il vienne de France ou de Chine.

 

Le cercueil en bois

90% du bois des cercueils est issu de France et 10% arrivent d’Europe. Seuls 1% des cercueils sont importés de l’étranger. C’est le cas notamment du cercueil en acajou.

Les principales différences d’impact écologique d’un cercueil en bois sont les accessoires utilisés (métal ou bois), les colles et teintes.

Le choix le plus écologique : un cercueil en bois brut, sans vernis, issu d’une gestion forestière française durable.

Le capiton

Le choix du capiton peut aussi avoir un impact. Il est conseillé de privilégier un tissu naturel comme le coton biologique ou d’utiliser un drap, une couverture, un oreiller qui appartenaient au défunt et qui trouveront ici un nouvel usage.

Une urne éco-responsable pour un enterrement écologique

Urne biodégradable limbo

Urne Limbo

Ashes to ashes, dust to dust… Et si vous choisissiez une urne biodégradable ?

  • En bois, en sel, en sable ou encore en fibres végétales, ces urnes vont se dissoudre avec le temps qu’elles soient immergées dans l’eau, déposées en pleine nature ou enterrées dans la terre.
  • Vous pouvez aussi choisir une urne-arbre qui donnera vie à un arbre après plantation. Tous ce qu’il faut savoir sur ces urnes funéraires arbres.

La loi n’impose pas l’achat d’urne. Tout contenant de minimum 3 litres peut servir normalement d’urne, et n’a pas besoin d’être scellé si c’est pour une dispersion.  D’ailleurs, certaines entreprises de pompes funèbres proposent le prêt ou la location d’une urne quand il s’agit d’une dispersion dans le jardin des souvenirs. N’hésitez pas à leur poser la question.

Un monument funéraire écologique

Traditionnellement, les monuments et pierres tombales étaient réalisées par des artisans locaux, à partir des pierres et roches que l’on trouvait naturellement dans la région du cimetière. Aujourd’hui, on importe plus de 80% des stèles et ornements en granit, à bas coûts, depuis la Chine. Comme nous l’avons vu, faire le choix d’une concession de pleine terre vous permet d’entreprendre une démarche plus écologique, notamment par l’économie de béton que représente la fabrication et la pose d’un caveau, caveautin, cavurne, etc.

En France, malgré ce que l’on pourra peut-être vous faire croire, vous n’êtes pas tenus d’avoir un caveau ou un monument funéraire.

Les alternatives éco-responsables pour un monument funéraire, vous pouvez :

  • faire recycler une pierre qui a déjà été extraite,
  • acheter des monuments d’occasion (rendus vierges des marques précédentes)
  • faire le choix d’une sépulture naturelle, composée de galets, cailloux et végétaux
  • opter pour une tombe paysagère

Limiter l’impact écologique de la tenue du défunt

La tradition veut que nous habillions nos défunts de leurs plus beaux habits pour leur dernier voyage. Mais saviez-vous que rien de tout cela n’était obligatoire ? Si nous souhaitons jouer le jeu de l’écologie jusqu’au bout, mieux vaut opter pour des matériaux naturels et non traités comme le lin, le chanvre, le coton. Et, même, pourquoi ne pas partir dans le plus simple appareil, entouré d’un simple drap.

Pensez aussi à l’impact écologique des effets personnels que vous souhaitez placer dans le cercueil. Les bijoux, lunettes, ceinture, chaussures, etc ne sont pas biodégradables.

Un convoi funéraire écologique

En cas d’inhumation, vous allez avoir besoin de recourir à un corbillard pour transporter le cercueil du défunt, que cela soit en direction du cimetière ou du crématorium. Des alternatives fleurissent ici et là pour remplacer la traditionnelle Mercedes.

Pour réduire l’empreinte écologique de vos obsèques, vous pouvez choisir un véhicule électrique voir même un corbillard hippique, certains reprennent du service en ce moment.

On peut également penser à toutes les personnes qui viennent aux funérailles qui, parfois, se déplacent de loin. N’hésitez pas à leur proposer du covoiturage !

Les fleurs de l’enterrement écologique

Fleurs détachable de the green memory

Les cérémonies d’inhumation et de crémation sont depuis peu pointées du doigt pour le nombre de fleurs fraîches utilisées, sur un temps très court, puis jetées à la poubelle ou laissées à l’abandon au cimetière. Privilégiez les fleurs de saison. En hiver : le mimosa, les anémones ou les roses de noël seront parfaits par exemple.

Si vous optez pour une concession pleine terre et une sépulture naturelle, vous pourrez participer à la végétalisation de notre planète en venant jardiner vous-même la sépulture de votre défunt. Vous trouverez dans le guide Funérailles écologiques : Pour des obsèques respectueuses de l’homme et de la planète, de nombreuses références de fleurs, arbustes et plantes vivaces qui s’adapteront parfaitement à l’embellissement d’une sépulture.

Si vous optez pour une crémation, vous pouvez concevoir vous-mêmes des couronnes de fleurs de papier, ou bien opter pour des fleurs en palme blanche proposées par Palméra, qui se conservent et peuvent par la suite décorer la tombe.

Et pourquoi pas planter un arbre suite au décès d’un proche ? Quelques communes le proposent e hommage à votre défunt. Mais ça peut aussi être une initiative privée.

Les alternatives écologiques de demain

Si, comme vu précédemment, les français doivent choisir entre inhumation et crémation, d’autres pays ont initié le changement du paysage funéraire, en proposant d’autres alternatives.

L’aquamation

L’aquamation est une technique consistant à plonger le corps dans un bain de potassium et de sodium pour le chauffer à une température variant entre 95 et 150°C. Ce processus dure entre 5 à 10 heures. Après quoi, il ne reste plus qu’un liquide saumâtre et seuls les os, sous forme de poudre sont rendus à la famille dans une urne. Grâce à cette technique, le corps se décompose en quelques heures, comme il le ferait naturellement en 25 ans ! Une étude néerlandaise a démontré en 2011 que l’aquamation produit environ 100 kg de dioxyde de carbone de moins que la crémation. De plus, les fours crématoires sont coûteux en énergie. Ils sont alimentés par des énergies fossiles et nécessitent d’être chauffés entre 900°C et 1200°C. Les machines réalisant l’aquamation sont bien plus économes en ne chauffant qu’à une centaine de degrés !

À lire : L’aquamation, cette nouvelle méthode de crémation par l’eau choisie par Desmond Tutu, ancien prix Nobel 

L’humusation

L’humusation est un procédé funéraire qui consiste à recycler le corps humain en humus. Fini le cercueil ! Le corps est déposé à même le sol, enveloppé dans un simple linceul, constitué d’un tissu biodégradable, sans cercueil, puis recouvert de bois d’élagage et de feuilles mortes. Après 12 mois, le corps s’est entièrement décomposé, il est devenu matière à compost et peut être utilisé comme engrais pour des plantations.

La promession

La promession est un procédé funéraire inventé en Suède, semblable à la crémation mais qui utilise le froid. Le corps est congelé dans de l’azote liquide mais n’est pas traité avec des produits polluants. Un système de table vibrante le réduit ensuite en particules. On retire l’eau et les résidus de métaux, puis on regroupe les restes funéraires dans une urne.