Don de corps à la science : ce qu’il faut savoir

SQUELETTE DE FACULTE DE MEDECINE

Crédits : Nhia Moua on Unsplash

Comment donner son corps à la science ?

Le don du corps à la science concerne tout citoyen libre de sa décision, qui a souhaité de son vivant, que sa dépouille puisse être utilisée à des fins scientifiques (éducation ou recherche). Ce don est cumulable avec le prélèvement d’organes, mais l’établissement de recherche sera, dans ce cas, libre de refuser le corps.

Le don du corps peut être fait par toute personne majeure, n’étant pas sous tutelle.

Si vous souhaitez faire don de votre corps à la science, prenez contact par écrit, sur papier libre, avec la faculté de médecine la plus proche de votre domicile. La liste des centres de dons est disponible sur le site de l’Association française d’information funéraire (AFIF).

Vous devrez ensuite compléter et retourner le dossier envoyé par la faculté de médecine (fiche de renseignements, fiche de confirmation du don, la photocopie recto/verso d’une pièce d’identité, une enveloppe timbrée portant son nom et adresse pour recevoir sa carte de donneur).

La faculté vous adressera alors votre carte de donneur. Conservez-la sur vous en permanence. Votre corps ne sera présenté au centre de don que sur présentation de l’original de cette carte. Vos proches et votre famille n’ont pas le droit de s’y opposer.

Au moment du décès, comment ça se passe ?

Au moment du décès, le corps doit être transféré vers le lieu de traitement dans un délai de 48h maximum. En effet, le Code général des collectivités locales stipule que les opérations de transport doivent être achevées dans un délai maximum de quarante-huit heures à compter du décès. La prise en charge du corps et la sépulture du corps après utilisation sont gratuites. Seul le coût du transport du lieu du décès au centre est à la charge de la famille ou du donateur.

A son arrivée dans l’établissement, il est ensuite préparé par une équipe de professionnels spécialisés dans les soins de conservation. Il sera utilisé frais, congelé ou embaumé, puis placer dans un lieu dédié au dépôt des corps, muni d’un numéro d’identité, jusqu’à ce qu’il puisse être utile aux travaux d’anatomie, d’enseignement, de chirurgie, de recherche.

Que faire si je change d’avis ?

Vous pouvez détruire votre carte de donneur ou la renvoyer. Si vous la détruisez, pensez à prévenir la faculté de médecine.

Un corps donné à la science peut-il être refusé ?

La faculté de médecine peut refuser le corps du défunt, même si elle lui avait envoyé une carte de donneur dans plusieurs cas :

  • l’absence de la carte de donneur (non présentée, perdue ou autre),
  • si le corps n’est pas transporté dans le délai maximum de 48 heures,
  • en cas de décès à l’étranger qui oblige une mise en bière,
  • en cas de maladie contagieuse qui oblige une mise en bière,
  • en cas de décès pour cause d’accident de la route, suicide, ou tout autre raison susceptible de poser un problème médico-légal,
  • si l’établissement n’est pas prévenu à temps,
  • si le corps a été autopsié ou s’il a subi une opération récente,
  • si l’établissement ne dispose pas suffisamment de personnel (week-end, congés…)
  • Si les circonstances rendent impossible le don, ou si le donneur déménage, certains établissements remboursent les sommes versées. Renseignez-vous auprès de votre centre de don des corps.

Prévoyez l’éventualité d’un refus de don et pensez à indiquer une alternative si vous écrivez vos dernières volontés.

Que se passe-t-il après un don de corps à la science ?

Une fois les travaux anatomiques terminés, les établissements ont la responsabilité du traitement du corps. C’est à eux d’assurer les frais d’incinération ou d’inhumation pour disposer définitivement des restes mortuaires. Et ils le font de façon anonyme. Les proches ne sont informés du traitement du corps qu’après crémation.

La plupart du temps, les établissements ont recours à la crémation, et dispersent les cendres dans un jardin du souvenir. Une stèle est érigée pour permettre aux familles de se recueillir.

Si le défunt en avait fait la demande, les restes mortuaires ou cinéraires peuvent être remis aux proches. Dans ces cas-là, il est possible d’organiser des obsèques, mais elles auront lieu des mois voir deux années plus tard. La famille peut préférer ne pas attendre et organiser une cérémonie sans cercueil.

Comment préparer ma famille ?

Si vous prenez cette décision, il est important de prévenir votre famille, de leur expliquer vos motivations. Il faut avoir en tête qu’une telle démarche prive vos proches d’une cérémonie avec cercueil ou la retarde parfois de deux ans, ce qui peut être difficile à vivre. Car il peut s’écouler plusieurs semaines, mois ou années entre le don du corps et la crémation. Cela peut rendre le deuil plus compliqué et il ne faut pas le négliger.

Organiser, malgré ces circonstances particulières, un temps de communion pour rendre hommage à la personne décédée, et se solidariser dans l’épreuve paraît primordial. En l’absence de cercueil, la famille peut installer une photo, de grande dimension, entourée d’objets personnels du défunt et de fleurs.

En région parisienne, une cérémonie pour les proches des personnes ayant fait don de leurs corps a été mise en place au crématorium du Père Lachaise deux fois par an. Elle est organisée par les services funéraires de la ville de Paris. Lors de cette cérémonie, les donateurs sont nommés et remerciés. Chacun des proches peut s’exprimer et proposer un geste de souvenir. Certains crématoriums en organisent. Renseignez-vous auprès de votre département.

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