Des tombes paysagères qui nous réconcilient avec les cimetières

Les Jardins Funéraires de Jonathan Boutrie

Face à la désertion des cimetières, Jonathan a eu envie d’agir. En 2019, fort de son expérience dans les travaux paysagés et sa connaissance des végétaux, il fonde “Les Jardins Funéraires”, pour accompagner les familles qui le souhaitent dans la création de tombes paysagères.

Un voyage en Autriche révélateur

C’est en pleine reconversion professionnelle dans les métiers du paysage et lors d’un voyage en Autriche que Jonathan découvre les sépultures paysagères et les cimetières parcs. “J’ai immédiatement été séduit par l’idée. En France, les cimetières sont réputés austères, on achète des monuments pour nos morts mais en réalité, on y retourne rarement au cimetière, ou à reculons”. En 2014, il perd sa mère et tombe des nues face au peu de choix de monuments funéraires.

“On ne connaissait pas ses dernières volontés et on ne nous a proposé que des monuments très classiques”. Pour apporter un peu de douceur à sa sépulture, il prend l’habitude d’y déposer régulièrement des plantes et des fleurs. “Allumer une bougie, couper les fleurs fanées était devenu des petits rituels”. Ce sont des gestes qui l’ont aidé à faire son deuil. Un chemin qui l’amènera à lancer en mars 2019 Les Jardins Funéraires, une entreprise qui accompagne les familles dans la création de monuments funéraires paysagers.

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La personnalisation des tombes paysagères : un processus pour faire son deuil en douceur

Une tombe paysagère réalisée par Jonathan Boutrie

Selon Jonathan, la personnalisation d’un monument funéraire est une aide précieuse pour les familles en deuil. Avec Les Jardins Funéraires, il leur propose de choisir un monument complet qui comprend déjà les fleurs ainsi que les plantes mais il est aussi possible d’opter pour une sépulture jardin nue, à laquelle les familles pourront apporter elles-mêmes les fleurs et les plantes mais aussi d’autres éléments décoratifs comme des galets, des sculptures ou encore des souvenirs de voyage.

“L’important est de créer une tombe à l’image du défunt. Si le défunt aimait jardiner, on pourra ajouter un peu de terre de son jardin à son monument par exemple”. Dans les deux cas, les familles trouvent toujours un intérêt à se rendre sur la sépulture. “Elles viennent entretenir le jardin, arroser les plantes, les changer au fil des saisons, et ce sont ces moments qui aident à se reconstruire”.

Jonathan assure que ce processus permet aux français de renouer avec les cimetières.

Un engagement éco-responsable et des tarifs abordables au centre du projet

Les jardins funéraires de Jonathan sont portés par des valeurs éco-responsables. Pas de faux gazon, ni de fleurs artificielles ! “Je ne travaille qu’avec des partenaires locaux et des matériaux français”. Cette proximité avec ses artisans “permet de donner du sens et une valeur particulière aux monuments. Avec la volonté de limiter les intermédiaires, Jonathan extrait son bois de la Loire, à moins de 100 kilomètres de son atelier et achète de la pierre ardéchoise. Les matériaux nobles et bruts passent ensuite dans son atelier, où Jonathan et ses partenaires locaux exercent leur savoir-faire. “Ce sont des gestes qui existent depuis plusieurs siècles”. Une fois les tombes paysagères créées sous forme de KIT, il va alors les transporter au cimetière. Pour soutenir les forêts françaises, chaque monument acheté par une famille fait l’objet d’un arbre financé auprès de Reforest’action.

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L’entretien des tombes paysagères : un lien entre lui et les familles

Jonathan conserve depuis la création de son entreprise, la volonté de rendre ses tombes paysagères financièrement accessibles à tous. “L’idée est de rendre le concept abordable, avec des tarifs qui varient en fonction des modèles”. Le premier modèle de monument funéraire, au tarif de 850 euros, est rempli de terre nue. Les familles peuvent ainsi planter les fleurs et les plantes qu’elles souhaitent, en suivant les conseils de Jonathan. Toutes ces demandes sont touchantes. Ainsi, chaque monument commandé fait généralement l’objet d’un suivi sur le long terme. “Une famille qui m’avait contacté en 2019, avec qui j’ai gardé le contact, m’a demandé cet été, des conseils sur une plante qui n’avait pas résisté à la chaleur”. Cet accompagnement lui permet de suivre l’évolution des jardins funéraires. “Lorsque je reçois des photos de tombes, ça me fait toujours chaud au coeur”.

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