Suicide : 5 idées reçues à déconstruire pour lever le tabou sur ce phénomène de société

Alors qu’en moyenne 9 000 personnes se suicident chaque année en France, soit un mort toutes les heures, il est plus qu’urgent de lever le tabou autour de ce phénomène de société pour en faire un vrai sujet de santé publique. Une personne qui tente de se suicider est souvent vue comme lâche, psychotique ou souffrant d’un gène héréditaire. Ce sont toutes ces idées reçues que nous nous devons de démonter pour lever le tabou sur le suicide et que tout un chacun puisse s’emparer de ce sujet ou venir en aide à un proche qui songerait à passer à l’acte.

Idée reçue numéro 1 : Les personnes suicidaires sont atteintes de troubles mentaux et héréditaires

En réalité, parmi les personnes qui ont fait une tentative de suicide, la proportion de malades psychiatriques est très faible. Les crises suicidaires sont plutôt la résultante d’un cumul de difficultés, qui s’amoncèlent et qui semblent ne pas avoir d’issue pour la personne suicidaire. De la même manière, il n’existe pas de gène suicidaire chez l’être humain qui pourrait impliquer qu’une tendance suicidaire soit héréditaire.

Idée reçue numéro 2 : Le suicide est un geste lâche

Les personnes suicidaires sont sujettes à de grandes vagues d’émotions qui les submergent. Obnubilées par leurs souffrances, ces émotions paraissent alors trop difficiles à surmonter. Une personne suicidaire qui va décider de passer à l’acte n’a souvent plus l’esprit clair dans sa grande détresse. Juger que le suicide est un geste lâche, c’est émettre un jugement de valeur.

Idée reçue numéro 3 : Le suicide est imprévisible

Les personnes suicidaires qui sont passées à l’acte avaient, pour la plupart, manifesté directement ou indirectement leurs intentions. Il faut être vigilant aux changements de comportements, des signaux avant-coureurs peuvent se manifester. Isolement, alimentation inhabituelle, insomnie, changement d’humeur, prise de substances, perte d’intérêt… sont autant de signes qui peuvent vous alerter.

Idée reçue numéro 4 : Les personnes suicidaires ne peuvent être sauvées

Les personnes qui font face à des envies suicidaires pensent ne pas avoir d’autres choix pour mettre fin à leurs souffrances, elles pensent ne plus pouvoir trouver de solutions à leurs problèmes. L’entourage, les médecins, les proches, peuvent cependant intervenir jusqu’au dernier moment. Nombreuses sont les personnes ayant survécu à leurs tentatives de suicide qui ont témoigné n’avoir pas voulu mourir mais plutôt espérer que quelqu’un prenne en compte leur intolérable douleur.

Idée reçue numéro 5 : Les personnes suicidaires auront toujours envie de mourir

Souvent passagères, les idées des personnes suicidaires, peuvent être liées à des situations qui paraissent insurmontables, sans issue. De la même manière que l’on peut soigner la dépression, on peut prendre en charge les envies suicidaires. Des professionnel·les peuvent vous accompagner ou accompagner vos proches pour essayer de gérer la crise suicidaire et aider à retrouver le goût de vivre.

Que cela soit pour un proche ou pour vous-même, de nombreuses associations peuvent vous venir en aide, comme Phare.org ou SOS Suicide Phénix.

Vous pouvez également composer le 09 72 39 40 50, pour trouver une oreille à votre écoute. De nombreux témoignages peuvent également vous aider, retrouvez par exemple le témoignage de Thomas sur notre site internet.

Vous faîtes face au suicide d’un proche ? D’autres ressources peuvent vous aider