Enfant à un enterrement : doit-on l’emmener ou pas ?

enfant-enterrementCrédits: thefuneralphotographer sur Instagram

Parce que l’enterrement est une étape concrète qui permet à l’enfant d’être confronté à l’irréversibilité de la mort, il est important qu’il y assiste. Même s’il crie dans l’église ou cavale entre les tombes dans le cimetière, partager ce moment de communion avec ses proches est fondamental.

Décès d’un proche : l’importance de dire la vérité à un enfant

Les enfants sont “des éponges”. Ils ressentent notre inquiétude, notre chagrin. On pense parfois bien faire en leur cachant le décès d’un proche, mais ils ne manqueront pas de le sentir, à notre contact. Il est donc essentiel de leur dire la vérité. Tous les spécialistes de l’enfance s’accordent sur la question. Il n’y a pas d’âge minimum pour annoncer à un enfant la mort d’un proche.

Il est important de pouvoir en parler, même à un bébé. « Un bébé ressent ce qui se passe, perçoit l’inquiétude de ses parents… Lui expliquer le drame qui s’est produit est une façon de mettre des mots sur notre état. Et de le rassurer. La seule chose qui peut faire du mal à un petit, c’est de lui cacher la vérité. Car il imaginera toujours pire que la réalité, voire se sentira mis à l’écart, voire trahi », explique Hélène Romano, psychologue, spécialisée dans la prise en charge des blessés psychiques.

A quel âge peut-on voir un mort ?

Si l’enfant souhaite voir le défunt, quel que soit son âge, c’est une décision qui vous revient. Rappelons-nous qu’il n’y a pas si longtemps, lors des veillées funèbres dans les villages, petits et grands étaient réunis dans la même pièce autour du mort… Si vous l’y autorisez, il est important de le préparer à ce qu’il va voir, à l’aspect de la peau du défunt, à la sensation de froid qu’il peut ressentir à son contact.

5 livres sur la mort à lire à un enfant

Emmener notre enfant à l’enterrement pour qu’il intègre l’idée de la perte

Assister à la cérémonie, c’est lui permettre de participer aux rituels, de dire au revoir au défunt. « En voulant les protéger, on crée parfois plus de dégâts. Je connais des adultes, encore meurtris, d’avoir été écartés des funérailles de leurs parents ou de leur frère et sœur, parce qu’on avait pensé que ce n’était pas leur place. La cérémonie d’adieux fait partie des rituels qui permettent de concrétiser un départ, de marquer la séparation entre le monde des vivants et des morts. Être présent à cette cérémonie lui permet d’intégrer l’idée de la perte, de constater que la mort est bien réelle », souligne Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre, auteur de L’enfant face à la mort d’un proche.

Écoutez le podcast d’Hélène Romano, psychologue spécialiste du deuil. 

Faire participer votre enfant aux rituels

Avant le jour J, il est important de lui expliquer comment les choses vont se dérouler, quelles seront les différentes étapes. Vous pouvez l’inviter à préparer un dessin, une lettre, choisir un objet qu’il pourra déposer près du cercueil. Assurez-vous cependant qu’un adulte sera disponible près de lui durant toute la durée de la cérémonie, pour répondre à ses questions, le rassurer, voire le consoler.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Faire défiler vers le haut

Inscrivez-vous à notre newsletter