Death Doula : accompagner la mort comme la vie

Pourquoi on n'accompagnerait pas la mort comme on accompagne la naissance ? C'est à cette question que répondent les death doulas, un nouveau métier en plein essor qui propose un soutien aux mourants et à leur familles avant, pendant et après le décès.
deux mains vieille et jeune rose@jaketthacker on Unsplash

Nous sommes de plus en plus seuls face à la mort. Paradoxalement, si la médecine tente de rendre la mort plus douce et moins douloureuse, peu de gens se préoccupent de la souffrance mentale des personnes proche de la mort. Le métier de death doula est là pour combler ce vide.

D’où vient ce métier ?

Les doulas existent depuis la Grèce Antique. Ce sont des personnes qui apportent un soutien moral et pratique aux femmes enceintes, durant l’accouchement et la période qui suit. Aux Etats-Unis, les femmes qui ont recours à cet accompagnement non médical sont chaque années plus nombreuses et les hôpitaux acceptent volontiers leur présence, conscients des bienfaits de cette collaboration. En France aussi, le nombre de doulas de naissance évolue aussi, notamment grâce à l’association Doulas de France, créée en 2006. Mais le monde médical a encore du mal à leur faire leur place.

Le concept de death doula est, quant à lui, né en 2003 dans un département de soins palliatifs à New York selon un rapport de Global Wellness. Un employé frustré du peu de soutien réservé aux personnes en fin de vie réfléchit à leur accompagnement. Comment soulager leur anxiété et leur tristesse ? Comment faire en sorte qu’elles ne meurent pas seules ? Comment diminuer le stress des proches ? Pour y répondre, il met en place la première formation professionnelle de death doula, un métier parfois aussi appelé « sage-femme de fin de vie » ou bien « guide de transition ».

Quel est le rôle d’une death doula ?

La death doula doit mettre en place un environnement serein, de confiance et propice à une fin de vie paisible. Son support est à la fois logistique, psychologique et émotionnel, avant et durant le décès. Elle considère la mort comme une étape de la vie à part entière, une étape qu’on ne doit pas laisser de côté. Chaque expérience avec une personne mourante est unique, la death doula invente ou remet en place des rituels personnels positifs. Elle est là pour échanger à propos des craintes et angoisses de la personne en fin de vie. Elle aide à planifier ses dernières volontés ainsi que l’environnement dans lequel elle partira. La doula peut ainsi organiser un rituel, dire une prière, chanter une chanson… au moment du décès.

Son rôle est également de prévoir l’après. La personne souhaite-t-elle un enterrement ou une crémation ? A-t-elle rédigé son testament ? Où iront ses affaires ? Que faire de ses réseaux sociaux ? Autant de questions que les death doulas posent et résolvent. Pour finir, elles s’occupent de la mémoire du défunt et parfois de façon très créative : avec des livres de mémoire, des souvenirs vidéo, des lettres ou même des scrapbooks.

Et en France ?

Le métier de death doula se propage aux Etats-Unis, en Angleterre, au Canada, en Australie, au Mexique… Aux Etats-Unis, de nombreuses associations se sont créées. La première était l’International End of Life Doula Association, il en existe aujourd’hui une dizaine d’autres.

La Suisse, et plus particulièrement l’Institut de recherche et de formation à l’accompagnement des personnes en situation difficile, vient de lancer une formation certifiante de doula de fin de vie. Si nos voisins le font, pourquoi pas nous ? En France, on accuse un retard sur le sujet de la fin de vie et de son accompagnement. Il n’existe, à ce jour, pas de formation professionnelle délivrant le statut de Death doula mais on l’espère vivement, convaincus, que cet accompagnement contribue ç une morts plus heureuse et apaisée.

A lire : Témoignage : « Son enterrement ? Un pur moment de grâce »

3 réflexions sur “Death Doula : accompagner la mort comme la vie

  1. Répondre

    […] côté un temps le monde de la musique et trouvé un job ailleurs. Emily est devenue death doulas, un métier nouveau qui propose un soutien aux mourants et à leur famille avant, pendant et après le décès. Faire […]

  2. Répondre
    Saudeau stéphanie - 9 janvier 2020

    Merveilleuse idée, je suis socio esthéticienne depuis 10 ans. J’accompagne les patients par un toucher apaisant, relaxant dans leurs parcours de soin jusqu’à la fin de leur vie. J’accompagne également les proches qui les entourent à s’autoriser un temps pour eux de relaxation. Leurs témoignages face aux soins que j’apporte m’encourage chaque jour à poursuivre ma démarche de bien être, d’accompagnement jusqu’au bout de la vie où ils s’autorisent à lâcher prise. Témoignage d’une patiente de 50 ans atteinte d’un cancer en situation palliative, son souhait : terminer la fin de sa vie chez elle entourée de ses proches et de ses amis. Ses amis me font appellent afin de lui offrir des soins socio esthétiques à son domicile. Nous organisons 5 séances, très heureuse et très touchée, verbalise que c’est exactement ce qu’elle avait besoin, douceur, massages, bien être, de belles odeurs, un accompagnement bienveillant par le toucher. Elle me remerciera et me dira “au revoir” à la 4ème séance, me fait part des bienfaits des séances car ressent que son départ est proche. En effet elle s’éteindra le jour où nous aurions du faire le dernier soin en ayant dit au revoir à toute sa famille et ses amis le week end précédent. Je te remercie Olivia, des 4 moments partagés, de ta confiance, ta générosité, de ta gentillesse. Tu m’as fais grandir et mon chemin s’est tracé, j’accompagne maintenant les patients en structures ou à leur domicile en situation palliative jusqu’à la fin de leur vie. Merci

    1. Sarah Dumont - 13 janvier 2020

      Quel beau témoignage Stéphanie. Merci pour ce partage d’expérience. Si tout le monde pouvait finir ses jours ainsi…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Faire défiler vers le haut

Recevez la newsletter de Happy End