Pas de crèche, pas de vaccin, la colère des professionnels du funéraire

pompes-funebres-grandsoublies-covid19

« La crèche vient de me le confirmer : seuls les soignants sont prioritaires. Je vous invite donc à prendre ma place de conseiller funéraire afin d’enterrer les défunts à venir ou d’expliquer aux familles qu’il n’y a pas de personnel pour s’occuper d’eux. Merci de préparer vos pelles dans votre jardin », écrit Stéphanie, conseillère funéraire dans le Gard, sur le groupe Facebook Services funéraire France, dédié à la profession. Malgré des demandes répétées du secteur depuis le début de la crise sanitaire, les professionnels du funéraire n’apparaissent toujours pas sur la liste des professionnels prioritaires. Ni pour les vaccins, ni pour les crèches.

Les professionnels du funéraire en première ligne

Le personnel des pompes funèbres est pourtant en première ligne, avec pour la grande majorité une suractivité importante ces derniers mois. « Mes parents travaillent dans l’entreprise avec nous, mes beaux-parents sont décédés et nous n’avons pas de famille pour garder Jules et Nino, 5 et 2 ans. Alors on fait comment ? On les emmène avec nous ? », poste une autre professionnelle, mère de deux enfants. En février 2020, déjà, les opérateurs s’étaient retrouvés sans masques et blouses et beaucoup avaient dû faire appel au système D pour s’équiper, certains allant jusqu’à opter pour des combinaisons et masques de paint-ball les premières semaines pour poursuivre leur activité sans prendre de risques.

Les professionnels du funéraire, grands oubliés du système

« Concernant la fourniture du matériel de protection, les autorités ont fini par nous dire qu’il s’agissait d’un oubli. Tout au long de l’année, nous avons multiplié les contacts avec le Ministère de la santé et le cabinet du premier pour nous assurer que cela ne se reproduirait pas avec le vaccin. Mais à ce jour, nos demandes restent sans réponse et nous découvrons que la profession n’est pas éligible aux dispositifs de garde », souligne Olivier Vérité, secrétaire général de la CPFM.

Une pétition circule

Des demandes répétées, jamais entendues qu’Hélène Romano, psychologue explique par le grand tabou de la mort : « Les professionnels du funéraire sont les grands sacrifiés du système. On ne leur donne pas les moyens d’agir, et ils ne sont ni reconnus, ni soutenus. Cela s’explique en partie par la peur irrationnelle à laquelle ils nous renvoient en intervenant au plus près de la mort », analyse t-elle. Quand on applaudit les soignants, on détourne le regard au passage de ceux qui accompagnent nos morts. Une pétition circule parmi les professionnels du funéraire pour obtenir cette reconnaissance et cesser d’être les grands oubliés de cette crise.

Les mêmes mesures de protection que pour les soignants

Le 6 avril, les trois organisations professionnelles (UPFP, CPFM et FFPF) ainsi que la CFDT ont adressé une lettre au premier ministre Jean Castex pour réclamer, en urgence, les mêmes mesures de protection que pour les soignants et valoriser l’investissement du secteur funéraire depuis le début de cette pandémie. C’est parce qu’ils ont su rester mobilisés 7j/7 et 24 h/24 qu’on a pu éviter des situations désastreuses comme en Italie ou à New-York. Si l’on veut maintenir leur motivation et garantir un bon accompagnement, il est temps d’assurer leur sécurité et la continuité de leur service.

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. En cliquant sur "Laisser un commentaire", vous confirmez avoir lu notre Politique de confidentialité.

*Champs obligatoires