Marion Chamauret, généalogiste successoral

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@Elodie Cerqueira

Marion Chamauret a la persévérance et la curiosité dans le sang. C’est la passion de l’investigation qui l’a poussée à devenir généalogiste successoral.

Lors d’un décès, quand les héritiers ne sont pas connus et identifiés, elle est missionnée, le plus souvent par un notaire, pour mener l’enquête, établir la dévolution (arbre généalogique) et représenter les héritiers, s’ils le souhaitent, dans le règlement de la succession.

“Chercheurs d’héritiers” de père en fille

Marion Chamauret est tombée dans le chaudron de la recherche d’héritiers dès son plus jeune âge. Son père, Michel Chamauret, généalogiste successoral, a créé son étude généalogique en 1996 à Tours (37), sa mère en tenait les rênes administratives. En 2007, après ses études de clerc de notaire, Marion intègre l’entreprise familiale dont elle prendra la tête à l’heure de la retraite parentale, en 2016.

« Les dossiers sur lesquels travaillait mon père concernaient des familles éloignées, des cousins au cinquième ou sixième degré. Désormais, pour près d’un tiers des dossiers, nous recherchons des enfants de premier lit. » Elle explique ainsi, non sans excitation, « avoir une vision de la société dans toutes ses échelles. Nos prescripteurs sont des notaires mais les héritiers que nous retrouvons sont Monsieur et Madame tout le monde ». Elle a ainsi affaire à tout type de profils : personnes âgées, personnes sous tutelle, mineurs, personnalités publiques…

Des recherches parfois périlleuses

En fonction de leur complexité, les dossiers de recherches d’un généalogiste successoral peuvent durer de quelques jours à plusieurs années. « J’ai un dossier qui dure depuis 2015, un vrai cas d’école, s’enthousiasme Marion, avec 40 héritiers ! La dévolution a vite été établie mais la situation de chacun continue d’évoluer : décès, mises sous tutelle, séparations, répartition géographique… »

Elle précise que ces recherches sont basées sur des documents officiels (actes de naissance, de mariage, de décès, documents administratifs, impôts, contrats…) et d’enquêtes de terrain (interviews du voisinage, recherches d’anciennes relations scolaires ou professionnelles), sans jamais savoir vers où vont mener les recherches.

« Nous sommes parfois confrontés à des situations familiales difficiles comme ce père qui n’avait jamais assumé la responsabilité de son enfant handicapé, laissant à la mère toute la charge affective, éducative et financière. La mère avait capitalisé pour son enfant. Lors de son décès, l’enfant n’avait pas d’héritier, ce pécule a donc été partagé entre les parents. Cela peut sembler moralement injuste mais c’est la loi qui s’applique. »

Faire preuve de tact, le secret du bon généalogiste successoral

Outre son empathie, elle fait preuve d’adaptation. Elle doit user de tact et de finesse a fortiori dans le cas de famille proche à qui il faut annoncer un décès – parfois le défunt n’est pas inconnu – et un héritage. Ainsi, certaines personnes se découvrent un parent ou un frère, parfois à l’autre bout du monde. « Cette semaine, je dépose un dossier au Japon ! L’évolution de la structure familiale et l’évolution de la société, notamment due aux mouvements géographiques facilités, transforment le métier, c’est passionnant ! »

Le métier prend alors un aspect social et sociologique qui fascine Marion. « Les histoires compliquées me piquent et m’animent, se plaît-elle à raconter. C’est un métier passion, si on n’a pas d’empathie vis-à-vis des héritiers, je ne vois pas quel plaisir on peut en tirer ! »