31 artistes rendent hommage à leurs proches, victimes du Covid-19

Le 17 mars 2021, un an après les premières mesures de restriction dues à la Covid-19, 31 artistes, acteurs, humoristes, ou chanteurs ont répondu à l’appel du collectif Tenir ta Main, en rendant hommage en vidéo à leur proches, décédés pendant la crise sanitaire.

Des vidéos d’hommage à leurs proches décédés de la Covid-19

Ce sont des vidéos émouvantes, personnelles, d’une durée d’une à cinq minutes pour les plus longues. Des vidéos face caméra, dans lesquelles ces artistes livrent des témoignages poignants qui racontent l’isolement, de leurs proches, et l’impossibilité de leur dire au revoir dignement.

Partie seule et humiliée

“Abrutis par la douleur et la peur, nous avons accepté l’inacceptable (…).  Elle nous quittera dans la matinée du 29 mars 2020, seule. Consciencieuse et prévenante depuis quelques années, elle avait préparé une tenue pour son enterrement au cas où. Elle est partie nue dans un body bag. Elle est partie seule. Elle est partie seule et humiliée. Elle est partie seule et sans faire de bruit. Elle est partie seule et le deuil est impossible. La colère a fait place à l’angoisse, la colère a ravivé la tristesse. La Covid a emporté notre mère. L’hôpital a tué notre mère.”

– L’actrice Catherine Frot en parlant de se mère

Une réponse à l’appel du collectif Tenir ta Main pour la dignité des victimes de la Covid-19

François Berléand, Julie Gayet, François Morel… témoignent de l’épreuve traversée et soutiennent l’association Tenir ta Main qui milite pour que les victimes du Coronavirus soient traitées avec plus de dignité. L’association réclame notamment la possibilité pour les familles de voir leurs proches, avant ou après le décès du patient. Des droits bafoués dans le contexte de l’urgence sanitaire, et dénoncés par le collectif Tenir ta Main, qui dénonce un “grave recul éthique”, autant dans les soins, que dans la réalisation des rites funéraires.

“Parti en fumée à 10h30, seul. Attendre ses enfants pour qu’ils se recueillent ? Mais pour quoi faire ?”

– Dénonce l’actrice Julie Gayet dans une lettre à son père

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Une dénonciation des protocoles sanitaires

Ce n’est pas la première fois que les protocoles sanitaires dus à la Covid-19 sont remis en question. Marie De Hennezel, psychologue spécialiste de la fin de vie, a été la première à les dénoncer dans une tribune du Monde le 4 mai 2020, fustigeant la “folie hygiéniste” qui, sous prétexte de protéger les plus âgés, leur imposait des conditions inhumaines et les privait de leurs droits élémentaires.

Depuis, Marie de Hennezel a publié “L’adieu Interdit”, un livre qui remet en question la politique de confinement strict imposée en EPHAD et dans les centres de soins. En créant le collectif Tenir ta Main, la directrice déléguée du Théâtre Antoine, Stéphanie Bataille souhaite, à son tour, permettre à chacun d’accompagner dignement son proche en fin de vie. Elle-même a perdu son père, le comédien Etienne Draber, décédé de la Covid le 11 janvier dernier “en martyr, comme des milliers d’autres”.

Suite à ce drame, Stéphanie Bataille a lancé une pétition : Visiter un proche à l’hôpital ou en EPHAD quand on veut, c’est vital. COVID ou pas, qui compte déjà plus de 44 000 signatures.

La fin de la mise en bière d’urgence

Depuis un an, les protestations s’accumulent, forçant le gouvernement à réagir. Ainsi, le protocole sanitaire de prise en charge des corps a été modifié mi février, à la suite de l’interdiction de la mise en bière d’urgence par le conseil constitutionnel.

Ce changement permet à nouveau aux familles de se recueillir une dernière fois devant la dépouille de leur défunt, avant que le cercueil ne soit scellé.

À lire également : Une journée de commémoration pour les victimes de la Covid-19

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