The Casketeers : une télé-réalité sur une famille de croque-morts

Avec cette émission de télé-réalité, on plonge dans le quotidien d’une entreprise de pompes funèbres Maori en Nouvelle Zélande.
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Les amateurs de séries connaissent déjà Six Feet Under, qui raconte, en 63 épisodes, la vie d’une famille, à la tête d’une société de pompes funèbres. Cette fois-ci, c’est une série documentaire néo-zélandaise  The Casketeers, ou Une famille de croque-morts en français qui suit les membres de l’entreprise familiale Tipene Funerals dans leur quotidien : des petits tracas routiniers jusqu’à l’organisation de funérailles royales.

Chaque détail compte

Le programme mêle tradition, émotion et humour. Le premier épisode, par exemple, révèle les coulisses des obsèques de la princesse Tomairangi Paki, sœur du roi Maori. Pour ses funérailles, on découvre le patron, Francis Tipene, qui confectionne soigneusement le cercueil princier lorsqu’un vent de panique l’emporte : il a repéré une tâche sur le revêtement intérieur ! Branle-bas de combat, il faut absolument la nettoyer. Francis y met un point d’honneur : « qui que soit le défunt, chaque détail doit être parfait, car c’est un jour dont les familles se souviendront. »

Cette obsession de la propreté n’est pas réservée aux funérailles royales. En effet, au fil des épisodes, on surprend le chef d’entreprise en train de rouspéter contre la paille laissée après un office, par les tapis traditionnels d’une famille tongienne, ou bien encore s’acharner au jet et à la spatule contre les chewing-gums incrustés dans le bitume du parking. Ces moments, sujets à beaucoup d’autodérision, en arrière-boutique, apportent une respiration. « On s’amuse beaucoup dans ce métier, » confesse Francis Tipene. « On n’a pas le choix. Sinon on deviendrait fou. »

The Casketeers, vecteur de diffusion de la culture maori

Le professionnalisme et la retenue reprennent le dessus lors des cérémonies. On découvre alors les coutumes locales comme le « tangi ». Une veillée funéraire émouvante, accompagnée de chants, de danses et entrecoupée de discours, où l’on vient voir et embrasser le défunt une dernière fois. Même si le corps est présenté au public à cette occasion, il n’apparaît pas à l’image. Le documentaire préserve l’intimité des familles et ne diffuse aucune image sans leur accord. On aurait pu craindre qu’une télé-réalité oublie cette précaution naturelle.

Parmi les images marquantes, on retient le cortège funéraire hétéroclite de la princesse Tomairangi Paki, sœur du roi Maori, jusqu’à son corbillard. Devant les porteurs, des prêtres chrétiens stoïques en toge côtoient une dizaine d’hommes en tenues traditionnelles Maori (en pagne) qui réalisent un haka énergique. Cela nous rappelle, notamment, que la danse rituelle du haka n’est pas réservée aux joueurs de rugby.

Le pire comme le meilleur

On regrette cependant le mélange des genres et le traitement discutable de certains thèmes annexes comme l’obsession (parmi tant d’autres) du chef d’entreprise, Francis, pour le surpoids. D’un côté, il s’inquiète des risques pour la santé d’une mauvaise hygiène de vie et met en place un programme sportif pour les membres de son entreprise. Mais de l’autre, il force une salariée à prendre des pilules « brûle-graisses » qui lui donnent la diarrhée…

On préfère garder en mémoire la beauté des chants ou la poésie d’un titre d’épisode en langue maori : « He roimata ua, he roimata tangata », qui signifie : « les larmes des hommes, telle une pluie tombant des cieux ».

Les deux premières saisons d’Une famille de croque-morts (the Casketeers) sont diffusées en France sur Netflix.

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