Et je choisis de vivre : un film sur le deuil fait le tour de France

"Et je choisis de vivre" raconte le parcours d'Amande, après la perte de son enfant. Accompagnée de son ami Nans Thomassey, elle est partie à la rencontre de parents endeuillés pour savoir comment ils avaient surmonté ce drame. Le film a conquis le cœur de nombreuses associations et bénévoles qui organisent des projections-échanges un peu partout en France.
Et je choisis de vivre, un film sur le deuilEt je choisis de vivre

La file devant le cinéma n’en finit plus ce lundi soir. Les spectateurs viennent-ils pour l’avant-première du prochain blockbuster de l’été ? Non, pour celle d’un documentaire ! Et je choisis de vivre, de Damien Boyer et Nans Thomassey, producteur et présentateur de l’émission Nus et Culottés. Un film qui raconte le deuil d’une maman. Amande, institutrice de 30 ans, qui a perdu son fils Gaspar à l’âge d’un an, atteint d’une maladie cardiaque.  

« Quand on perd son père ou sa mère, on est orpheline, quand on perd son conjoint, on est veuve mais quand on perd son enfant, il n’y a plus de mots »

Effondrée, Amande cherche de l’aide auprès d’associations spécialisées dans le deuil et situées dans la Drôme. Certaines proposent des dates de week-ends d’échanges. Mais il faut attendre, s’organiser, se déplacer… Elle n’a pas cette énergie. Elle appelle alors son ami Nans à l’aide. Comment d’autres parents ont réussi à tenir ? Dans quelles ressources ont-ils puisé ? Ensemble, ils décident de partir rencontrer des personnes qui, comme elle, ont perdu un enfant.

 

 

Et je choisis de vivre, un parcours initiatique

« Parfois, on pense que seule la fuite permet de survivre alors que l’on a énormément de ressources en nous et autour de nous pour s’en sortir. Par ailleurs, je n’ai pas de religion, la nature est mon église », explique Amande.

C’est donc dans sa magnifique région, la Drôme que le film se déroule. Pour symboliser ce chemin initiatique, Amande et Nans parcourent les sentiers avec pour destination, le sommet d’une montagne. Les rencontres ont lieu en extérieur comme le bord d’une rivière ou une corniche. Sur leur parcours, ils vont rencontrer Meena, qui a perdu ses enfants et leur père dans un incendie après un drame passionnel, ou bien André qui a perdu quatre enfants dont deux à la suite de fausses couches. Malgré les tragédies qui ont frappé les protagonistes, ce qui ressort est avant tout un message d’espoir. D’ailleurs, à chaque projection organisée, des larmes coulent dans la salle. Des larmes de tristesse bien sûr, mais aussi de joie. Cette émotion qui nous submerge quand on vient nous rappeler la force de vie qui réside en chacun d’entre nous.

Lire l’interview d’Amande : Comment j’ai retrouvé légèreté et joie après la mort de mon fils

Une aventure participative pour parler de la perte d’un enfant

Quand Nans Thomassey et Damien Boyer ont tapé à la porte des producteurs pour vendre ce documentaire, le sujet en a refroidi plus d’un. Parler de la mort, et surtout de celle d’un enfant,  qui ira voir ce film ? Il en fallait plus pour les décourager. L’équipe de production s’est alors tournée vers le financement participatif et s’est engagée dans une tournée pour présenter le projet. Lors des rencontres organisées, ils n’avaient à montrer que trois minutes de film mais l’histoire d’Amande touche le public au cœur.

Ils vont ainsi récolter 123 490 euros, plus que la somme espérée ! Un des donateurs va leur fournir une caravane pour le tournage et un tourneur leur organiser bénévolement des conférences. Ils vont ainsi mettre au point quinze conférences « Deuil et renaissance » à travers l’hexagone. Un vrai succès. Avec plus de 2 000 donateurs, cette campagne de Crowdfunding, devient alors la 2e plus grosse levée de fonds en ligne pour un film après celle du film Demain.

Le deuil sort du silence

Et je choisis de vivre a rallié de nombreuses associations et ambassadeurs à sa cause. Ils ont organisé une centaine de projections échanges dans toute la France, avant la sortie officielle. A chaque fois, après le film, les spectateurs sont invités à poser des questions et à partager leur expérience du deuil. On sent alors un vrai besoin de se libérer, de déposer des sentiments tus depuis trop longtemps mais aussi une volonté de comprendre et savoir comment s’en sortir…

Certains livrent des témoignages intimes et poignants comme, par exemple ce couple de parents qui ont perdu leur fille deux semaine plus tôt. Un besoin d’être épaulé, de sentir comme Amande qu’il y aura un après, que la vie est encore possible. Pour leur prouver, l’équipe développe une plateforme en ligne de soutien aux endeuillés. On y trouvera de nombreux conseils et vidéos pour se sentir moins seuls, cheminer dans leur douleur et reprendre petit à petit le chemin de la vie.

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