Le témoignage d’Anne Ratier qui a donné la mort à son fils tétraplégique créé une polémique sur la toile

En 1987, Anne Ratier a mis fin aux jours de son enfant dans un état végétatif. Son témoignage sur Konbini a suscité une polémique sur les réseaux sociaux.

Il y a 32 ans, Anne Ratier a choisi de donner la mort à son fils Frédéric, lourdement handicapé depuis sa naissance. Elle raconte qu’elle a passé les trois premières années de la vie de son fils à tenter de l’éveiller. Il était né sous césarienne après un arrêt cardiaque, et Frédéric était dans un état végétatif. Entre lui et elle, « c’était fusionnel ».

« Il allait avoir 3 ans. Il serait allé dans un centre spécialisé, aurait été calmé à coup de valium et de neuroleptiques, sans pouvoir se mouvoir ni manger. Qui supporterait cette vie là ? »

Anne Ratier n’a jamais regretté son geste

Pour l’expliquer, Anne Ratier a d’ailleurs publié un livre intitulé J’ai offert la mort à mon fils

Après lui avoir administré un tube de neuroleptiques dans du lait, Frédéric et son mari ont veillé leur fils pendant trois jours. « Et le 2 novembre 1987, le jour de ses trois ans, il est mort »

Sur Twitter, la vidéo de son témoignage sur Konbini créé une avalanche de réactions des internautes. Certains la qualifient de monstre, d’assassin.

Anne Ratier, un monstre ?

 

 

 

 

D’autres appellent à l’apaisement en justifiant son geste par un non choix.

Ou une mère qui n’avait pas d’autre choix ?

 

 

 

Anne Ratier conclue en disant qu’elle n’est pas « heureuse mais sereine car il ne souffre plus ». Et demande à ce que les gens se mettent à la place de Frédéric. « Auraient-ils supporter de vivre dans cet état ? »

Le suicide assisté toujours interdit en France

Son témoignage relance le débat sur la fin de vie et l’acharnement thérapeutique, à ce jour surtout porté par le cas de Vincent Humbert et de sa mère qui l’avait aidé à mourir suite à de nombreuses demandes de sa part. Devenu tétraplégique, muet et presque aveugle suite à un accident de voiture, Vincent réclamait le droit de mourir et avait d’ailleurs publié Je vous demande le droit de mourir. Sa mère avait bénéficié d’un non lieu en février 2006.

Si la loi Claeys-Leonetti instaure un droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, elle n’autorise ni l’euthanasie ni le suicide assisté. En septembre 2018, le Comité consultatif national d’Ethique a affirmé que la loi ne devait pas être modifiée mais a insisté sur « l’impérieuse nécessité que cette loi soit mieux connue, mieux appliquée et mieux respectée »« Une fraction de personnes estiment que la fin de vie relève d’une décision individuelle. Nous n’allons pas jusque-làMais il faut explorer le plus loin possible cette loi et obtenir impérativement un plan de développement des soins palliatifs avec le budget ad hoc. »

Et vous, comment vivez-vous le geste d’Anne Ratier ?

4 réflexions sur “Le témoignage d’Anne Ratier qui a donné la mort à son fils tétraplégique créé une polémique sur la toile

  1. Répondre
    Igor - 7 mars 2019

    L’intérêt de cette approche reste le temps dédié et la décision collégiale. Trois jours d’accompagnement, un bel exemple de sédation profonde. Deux parents, collégialité.
    Porter et décider ensemble et donner le temps à la mort de venir, comme dans ce cas. Au final accompagné et aimé il décidait de s’en aller après trois jours d’échange d’amour.

  2. Répondre
    Stéphane de Peretti - 11 mars 2019

    Ce n’est pas une euthanasie. C’est un meurtre.

  3. Répondre
    Alfred - 31 mars 2019

    Bonjour,
    Dommage que le journaliste de Konbini, Hugo Clément, n’ait pas accepté la proposition de Benoît et Marie-Axelle Clermont qui voulaient témoigner de leur choix d’accompagner leur enfant jusqu’au bout.
    Un petit manque d’objectivité…

    1. Sarah Dumont - 31 mars 2019

      Je ne savais pas..

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