Qui suis-je ?

Journaliste, j’ai travaillé 15 ans pour la presse féminine. J’ai toujours eu une attirance pour les sujets lourds. C’était même devenu un running gag. « Tiens, un sujet plombant ! C’est pour Sarah ! ». Ces articles racontant des parcours de vie, certes douloureux, n’ont jamais résonné en moi de façon négative. Car l’épreuve vécue passe toujours au second plan. Je perçois davantage l’incroyable capacité à se battre et à se relever de chaque individu que les difficultés traversées.

En 2012, j’ai perdu mon père. Il était athée et seul un enterrement civil était envisageable pour lui. Il n’était pas question pour nous de lui dire au revoir dans un crématorium. Sa cérémonie a eu lieu à la Bellevilloise, lieu de fête parisien, ses proches ont pris la parole, joué de la musique, et son cercueil est parti recouvert de post-it fluo où chacun avait déposé un mot. L’énergie de mon père a résonné ce jour-là en chacun d’entre nous, et nous as porté. “Avoir réussi son enterrement” m’a aidé dans mon chemin de deuil, j’en suis convaincue… Autour de moi, j’entendais très souvent des gens se plaindre de la pauvreté des cérémonies laïques. Faire savoir qu’on pouvait faire autrement est devenu une obsession ! 

Le tabou de la mort doit être levé 

En 2015, j’ai démissionné et entamé une formation Universitaire sur le Deuil et constaté à quel point le silence autour de la mort était pesant. Avant, on gardait nos aïeux à la maison, on veillait nos défunts, on portait le deuil, on prenait le temps de se relever… Aujourd’hui, nous tenons cette dernière partie de vie la plus éloignée possible de notre quotidien. Bien que tous mortels, nous nous  évertuons à ne pas y penser, et cela créé une immense angoisse collective. Ce tabou isole autant les personnes touchées par un deuil qui me confient avoir l’impression de déranger quand elles évoquent leur défunt que des personnes qui se préparent à quitter la vie. Nous sommes devenus des ignorants. Nous ne savons plus ce qui est possible, avant, pendant, après. Nous avons perdu le mode d’emploi de ce sujet majeur ! C’est la raison de vivre Happy End : réhabiliter la mort dans nos vies.

Des apéros de la mort pour libérer la parole

Parce que la parole est libératrice, j’organise chaque mois des Apéros de la mort pour permettre de venir s’exprimer sur la fin de vie, la mort, le deuil, librement et sans jugement. Ces temps d’échange sont à chaque fois intenses, instructifs et libérateurs. Ils nous rappellent la valeur de l’existence et je ne me sens jamais autant vivante qu’en rentrant chez moi ces soirs-là. Depuis quelques mois, je me suis lancée une nouvelle mission : aider ceux qui le souhaitent à anticiper leur départ. En tant que mortels, nous avons une responsabilité : être acteur de notre vie jusqu’au bout. Au même titre que nous préparons un mariage ou encore une naissance, notre mort mérite de l’attention. Cet événement ultime doit être pensé en amont, et préparé, quand tout va bien. Je vous accompagne dans ce sens et vous aide à partir serein… Un beau cadeau à vous faire mais aussi à ceux que vous aimez.

Sarah Dumont

 

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