ARTE Regards – Crémation ou cercueil, le macabre débat

En Grèce, la crémation est autorisée depuis 2006 mais l’Eglise Orthodoxe voit ce mode de sépulture comme un péché et s’oppose à la création de crématoriums.  Résultat : les cimetières sont plein et les tombes trop rares pour permettre des concessions longue durée. Après trois ans, les défunts doivent être exhumés et leurs squelettes conservés dans un ossuaire. Un traumatisme pour les familles, contraints d’assister à l’exhumation de leur proche décédé. Antonis Alakiotis, chrétien orthodoxe, a été marqué par cette douloureuse épreuve : « Le costume de mon père n’était pas encore décomposé. Sous mes yeux les employés du cimetière ont réduit son squelette en morceaux. Ils ne peuvent pas imaginer combien j’ai souffert ce jour-là.” Pendant 23 ans, il s’est battu pour faire construire un crématorium à Ritsona, dans une zone industrielle, à 70 km d’Athènes. Une première depuis 2019 qui permet aux citoyens souhaitant se faire crématiser en Grèce et non, dans un pays limitrophe comme la Bulgarie.

Alors qu’en France, la crémation est adoptée par 40 % de la population française, on peine à imaginer que ce choix ne concerne que 1% de la population en Grèce et qu’il prive les familles d’assister au départ de leur défunt (leur présence est interdite au crématorium). Selon la religion Orthodoxe, « le corps est un temple du Saint-Esprit » et les ossements jouent un rôle central pour la conception de la résurrection, impossible en cas de crémation. Le respect des dernières volontés est loin d’être une évidence pour tous.

ARTE-incinération-Grèce

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