À propos

Journaliste, je travaille depuis 15 ans pour des magazines féminins. J’ai toujours eu une attirance pour les sujets lourds. C’était même devenu un running gag. « Tiens, un sujet plombant ! C’est pour Sarah ! ». Ces articles racontant des parcours de vie, certes douloureux, n’ont jamais résonné en moi de façon négative. Car l’épreuve vécue passe toujours au second plan. Je perçois davantage l’incroyable capacité à se battre et à se relever de chaque individu que les difficultés traversées.

En 2013, j’ai perdu mon père. Il était athée et seul un enterrement civil était envisageable pour lui. Pure coïncidence, ma mère et moi avions relevé le nom de la même agence de pompes funèbres plusieurs années auparavant. Une agence capable de personnaliser un enterrement, en fonction des souhaits des familles, aussi atypiques soient-ils. Sa cérémonie a eu lieu à la Bellevilloise, lieu de fête parisien, ses proches ont pris la parole, joué de la musique, et son cercueil est parti recouvert de post-it fluo où chacun avait déposé un mot. On a tous ressenti une belle énergie ce jour-là. Avoir pu lui rendre hommage de cette façon nous as apaisé, apporté de la joie et aidé, je pense, à faire notre deuil.

Un enterrement civil qui ait du sens

En 2015, j’ai quitté le groupe de presse pour lequel je travaillais et me suis inscrite au diplôme Universitaire Deuil et travail de Deuil de l’Espace Ethique à Paris. J’y ai beaucoup appris sur les différents types de deuil, son impact sur le corps et l’esprit, la façon d’accompagner au mieux les personnes concernées. J’ai consacré mon mémoire à aux funérailles civiles : « comment les réinventer pour répondre au souhait des familles ? ». J’ai réalisé que trop de gens se tournaient encore vers l’église sans conviction religieuse, par crainte de l’absence de rites. Sans lieu de culte et sans accompagnement de qualité, prévoir des funérailles laïques fait peur. A travers ce site, je souhaite aider les familles à organiser un enterrement laïc, marqué par des rituels et des symboles, et surtout riche de sens pour eux et le défunt.

Libérer la parole

J’espère aussi libérer la parole autour de la vieillesse et de la mort. C’est un tabou majeur dans notre société. Des sujets à ne surtout pas aborder. Avant, on gardait nos aïeux à la maison, on veillait nos défunts, on portait le deuil, on prenait le temps de se relever… Aujourd’hui, on tient cette dernière partie de vie la plus éloignée possible de notre quotidien. Et notre propre mort, n’en parlons pas ! A travers des interviews de sociologues, de thérapeutes, de soignants, d’ethnologues sur la fin de vie et la mort, le récit d’expériences individuelles et la mise en avant d’initiatives originales, certains trouveront peut-être, ici, des clés pour l’apprivoiser. Et ainsi mieux habiter leur propre vie…

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