Julie et Charles : “Malgré la mort de Léo, on s’est promis d’être heureux”

Comment (sur)vivre après la mort de son enfant ? Dans quelles forces puiser pour retrouver l’envie de se lever chaque matin ? Julie et Charles, les parents de Léo, décédé subitement à l’âge de quatre mois et demi, nous raconte leur chemin de deuil. Un témoignage touchant et plein d’espoir.

Quelques extraits :

Charles : “Léo a été victime d’une mort subite du nourrisson. Je n’oublierai jamais cette journée. C’était un lundi. Ma journée était assez chargée au travail. J’ai reçu refait le coup de téléphone durant ma pause déjeuner. L’assistante maternelle m’a dit : “Il y a problème avec Léo. Venez ! ” Arrivé sur place, j’ai vu les policiers, les pompiers, le Samu. J’ai vu mon fils au sol. Quand Julie est arrivée, je n’ai pas voulu qu’elle assiste à cette scène. J’ai voulu la protéger.”

Julie : “Après sa mort, on était comme anesthésiés. Il y a des jours où ça nous arrive encore. Mais malgré tout, très rapidement, je me suis dit que je ne voulais pas basculer dans un état de déni. Le lendemain, le mardi 27 mars, on s’est réveillés à l’hôtel parce qu’on ne pouvait pas dormir chez nous sans Léo et j’ai pris la décision de me lever… C’était ça ou je restais au lit toute ma vie.”

Julie : “Sa cérémonie devait être belle : c’était notre dernier au revoir à Léo. On avait entièrement décoré la salle du funérarium avec des nuages et des fusées.

Charles : “J’essaie de trouver dans toute cette atrocité l’état de paix. Je ne veux pas que mon fils soit associé à un état de haine. L’attente du procès est douloureuse.”

Julie : “Ma principale ressource, c’est Charles. Et Léo, parce qu’il est là partout avec nous. La première fois que j’ai réalisé qu’on restait ses parents et qu’il resterait notre fils pour toujours et que personne ne pouvait nous enlever ça. Ça m’a procuré un premier sentiment de bien-être profond et je m’accroche à cette idée.”

Julie : “Certains jours, je m’excuse auprès de Léo. D’avoir trop profité de la vie sans lui et de ne pas avoir été une maman suffisamment attentionnée. Je pense que ça fait partie du processus du deuil. On veut être un parent parfait pour notre enfant, même quand il n’est plus là.”

Julie : “C’est très important pour nous de faire vivre Léo, de parler de lui, de prononcer son nom. Nos proches l’ont compris. Mais le tabou reste entier pour beaucoup de gens. Avant, j’utilisais des mots édulcorés pour parler de la mort de Léo. Aujourd’hui, je dis “Léo est mort”. Les gens doivent l’entendre. S’ils sont gênés, tant pis pour eux.”

Julie : A l’hôpital, juste après la mort de Léo, j’ai demandé au médecin et à la psychologue : “Comment on s’appelle ? Il y a un nom pour dire ce qu’on vit ? Non, il n’y en avait pas. J’aime dire qu’on est parents et paranges. Nous avons signé la pétition pour que ce nom entre dans le dictionnaire.

Charles : “Julie et moi, nous sommes deux personnes assez carriéristes. On travaillait dans la même société avec l’envie de graver les échelons. Depuis la mort de mon fils, j’ai beaucoup culpabilisé. Je regrette tous ces moments que je n’ai pas passé avec lui. Un tel drame fait revoir ses priorités.”

Julie : “Depuis la mort de Léo, je me suis rendue compte que j’avais besoin de donner un nouveau sens à ma carrière professionnelle. De donner du sens à son départ. Je vais me former pour devenir accompagnante en périnatalité et épauler les parents avant et après l’arrivée de leur bébé.”.

Retrouvez le blog de Julie : L’étoile Léo

Son livre : Mon Etoile Léo, de Julie Pestana Artero, éditions Michalon

@Crédits : Simon Cabrejo @L'étoile Léo
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