Obsèques : tout ce qu’il faut savoir pour éviter les arnaques

Au moment de l'organisation des obsèques, certains agents funéraires peu scrupuleux profitent de notre vulnérabilité. Les conseils de Michel Kawnik, Président de l’Association Française d’Information Funéraire (l'AFIF) pour payer le juste prix.
arnaques funéraire pompes funèbres©

Transport commandé en urgence un dimanche pour quitter une chambre mortuaire, soins de conservation optionnels, devis incomplet… Michel Kawnik, Président de l’Association Française d’Information Funéraire, connaît parfaitement les ruses du secteur funéraire pour faire gonfler la note. Voici 7 trucs à savoir pour éviter les mauvaises surprises.

– Prenez le temps de choisir votre agence. Rien ne presse. Vous disposez de six jours ouvrés pour organiser les obsèques. Ne vous contentez pas d’une recherche sur internet qui vous conduira vers les agences ayant alloués un gros budget marketing pour arriver en tête de liste des recherches Google. Si vous ne pouvez pas vous déplacer, contactez deux à trois agences trouvées sur les pages Jaunes et demandez leur à chacune leurs tarifs pour une inhumation ou une crémation, le premier prix de leur cercueil équipé (capiton, poignées, plaque, vis), le coût d’un corbillard et celui des porteurs. Cela vous donnera des éléments de comparaison précis pour faire un choix éclairé.

– N’évoquez pas d’emblée l’existence d’un contrat obsèques. Certaines pompes funèbres, informées de cette possibilité de règlement, gonflent leur prix pour atteindre ce montant alors que la facture pourrait être moins lourde. Sachez que le prix moyen des obsèques en France en 2017 d’une inhumation est de 3 350 euros et de 3 609 euros pour une crémation (source UFC Que Choisir). Mieux vaut attendre la fin de l’entretien ou le premier devis pour le mentionner.

– Exigez un devis précis
Depuis le 1er janvier 2011, les devis proposés par les entreprises doivent inclure les prestations suivantes :

– La préparation et l’organisation des obsèques (démarches administratives)

– Le transport du défunt avant la mise en bière (sans cercueil) pour retour du corps à domicile, dans une chambre funéraire ou tout autre lieu

– Le cercueil et les accessoires (n’hésitez pas à demander une photo ou une description écrite précise)

– La mise en bière et la fermeture du cercueil

– Le transport du défunt après la mise en bière (avec cercueil) pour convoi vers le cimetière, le crématorium ou tout autre lieu

– La cérémonie funéraire

– L’inhumation ou la crémation

Celui-ci doit vous être remis gratuitement au moment de la prise d’information

– Le corps d’un défunt peut rester à domicile en attendant la cérémonie. Rappelons que dans les années 70, trois quarts des décès avaient lieu au domicile et le défunt était veillé plusieurs jours par la famille. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée. 75% des décès ont lieu à l’hôpital. On a trop tendance à oublier que rien n’oblige une famille à déplacer le corps pour être mise en cercueil. Celle-ci peut tout à fait être réalisée sur place. Les pompes funèbres doivent informer leurs clients de cette possibilité. Souvent, elles ne le font pas pour facturer un transport et un séjour dans une chambre funéraire (structure commerciale d’hébergement gérée par une société de pompes funèbres ou une régie) avec laquelle elles peuvent avoir un accord commercial.

En cas de décès à l’hôpital ou en clinique, les 3 premiers jours dans une chambre mortuaire sont gratuits. Si le centre de soins ne dispose pas de chambre mortuaire, c’est à lui de prendre en charge le coût du transport vers une chambre funéraire et ses frais de séjour des trois premiers jours. A ce titre, assurez-vous de signer un document indiquant : « Transfert effectué à la demande du directeur de l’établissement, sans frais pour la famille ». On constate beaucoup d’abus de faiblesse. Trop de familles se sont vues ensuite imposer le paiement des frais d’une chambre funéraire. Sachant que le transport et le séjour de trois jours peuvent aller jusqu’à 1 000-1 200 euros et que certaines chambres funéraires facturent au nombre de visites, mieux vaut être avertis avant.

– En cas de décès dans un Ehpad ou une maison de retraite, il est possible de laisser reposer le défunt dans sa chambre pendant 6 jours. En fonction de l’état physique du défunt, rien n’empêche de conserver le corps sur un lit réfrigérant ou en l’entourant de glace carbonique. Certaines pompes funèbres affirment que celle-ci n’est plus utilisée ni disponible. C’est complètement faux. La famille peut aussi demander une mise en bière sur place pour éviter de déplacer le corps, en attendant le jour de la cérémonie. Si la personne défunte ne possédait pas de chambre seule, son corps peut être conservé dans une pièce spécifique appelé le reposoir.

– Les soins de conservation ne sont pas obligatoires ! Appelés aussi soins de présentation, thanatopraxie ou encore embaumement, ces actes comprennent des actes invasifs post mortem ayant pour objectif de suspendre le processus de décomposition du corps. Les pompes funèbres disent que cela va donner un air endormi au défunt, regonfler son faciès… Mais c’est loin d’être un acte anodin ! Cela consiste notamment à extraire de la masse sanguine et à injecter 6 à 10 litres d’un liquide comme le formol. Il faut savoir que cette substance est très toxique et que ces soins sont facilement facturés 300 à 500 euros alors qu’une simple toilette mortuaire est facturée 50 euros et peut parfois suffire surtout si la famille souhaitent une mise en cercueil rapide.

Si vous avez des questions concernant un devis de pompes funèbres, un doute sur vos droits, n’hésitez pas à contacter l’Association Française d’Information Funéraire qui dispose d’une permanence téléphonique : 01 45 44 90 03 ou à consulter leur site

A lire : Coopérative funéraire, un nouveau modèle de pompes funèbres éthique.

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