Cimetière vert : écolo pour l’éternité !

Rendre à la terre le corps du défunt ou ses cendres le plus naturellement possible, c’est ce que propose le seul cimetière 100% naturel de France.
Parvis paysager ©Peter Mauduit©Peter Mauduit

Unique en France

Si les cimetières naturels sont monnaie courante dans les pays d’Europe du Nord (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Royaume-Uni), il n’y en a, à ce jour, qu’un seul en France. Il se situe dans le quartier de Souché (79) à Niort et s’étend sur 4 hectares. Ce lieu, conçu par la ville, ressemble à tout sauf à un cimetière ! Ici, pas un m2 de marbre à l’horizon. On se balade, le nez au vent, au milieu des tilleuls. Ce « cimetière vert », a été créé à l’initiative de Dominique Bodin, ex-conservateur des cimetières Niortais, qui se désolait de l’état des cimetières français, désertés par les habitants. Il a donc imaginé un lieu moins austère, plus accueillant et surtout plus respectueux de l’environnement. A l’heure actuelle, une cinquantaine de défunts y ont été inhumés ou incinérés. « Des gens nous appellent de toute la France mais les places sont réservés aux personnes nées ou décédées à Niort ou qui y ont une concession familiale », rappelle Eve-Marie Ferrer, paysagiste en charge du projet.

 

Cimetière vert à Niort

 

Enterrement écolo

Ici, vous ne verrez pas de caveau en béton, ni de dalle en granit venu du bout du monde. L’inhumation se fait en pleine terre. « Nous autorisons uniquement les cercueils en bois non traité et non lasuré et les cercueils en carton. Quant aux urnes, elles doivent obligatoirement être biodégradables » explique Eve-Marie Ferrer. Pour bénéficier d’une place, les familles signent une charte qui les engagent à ne pas réaliser de soins de thanatopraxie (soins de conservation), excepté en cas d’absolue nécessité. Il faut savoir que ce processus qui consiste à injecter dans le corps plus de 15 litres de formol pour mieux conserver le corps est très toxique. Lors d’une inhumation, il entraîne la pollution des sols et lors d’une crémation, le rejet de dioxine dans l’air… Les familles sont aussi invitées à privilégier les fibres naturelles telles le lin, le coton, le chanvre, dans le choix des vêtements portés par leur proche décédé.

 

©Peter Mauduit
Au sol, des pupitres en pierre calcaire où sont inscrits le nom des défunts.

 

©Bruno Derbord
Ici, seules les fleurs coupées sont autorisées et disposées dans un vase prévu à cet effet.

 

Le « gardien » veille sur ce lieu de recueillement.

La nature reprend ses droits

«  C’est un parc super agréable où se balader. Beaucoup de gens y viennent juste pour le plaisir », explique Eve-marie Ferrer. Dans ce jardin, où l’on trouve beaucoup de végétaux locaux et champêtres, la nature reprend ses droits. « A force d’utiliser des herbicides dans les cimetières traditionnels, le sol est devenue stérile et ne peut plus absorber la matière organique des corps », explique Eve-Marie Ferrer… D’où la décision de proscrire l’utilisation de produits phytosanitaires et de ne tondre que les allées piétonnes. Ce cimetière aura une longueur d’avance au moment de l’interdiction effective des pesticides dans les lieux publics annoncée pour 2020.

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