Un tour du monde à la rencontre des vieux !

Clément et Julia n’ont pas la trentaine mais ils ont déjà compris qu’il était grand temps de préparer un futur « vieux friendly ». Pour cela, les fondateurs d'Oldyssey sont partis à la rencontre des personnes âgées du monde entier. Objectif : rapporter dans leurs valises des bonnes idées dont on pourrait s’inspirer en France !
Oldyssey

Comment vous est venue l’idée de ce tour du monde à la rencontre des vieux ?

D’ici 2050, les personnes âgées de 80 ans et plus seront quatre fois plus nombreuses qu’en 2000. Un tiers de la population française aura alors plus de 60 ans. Comment préparer ce virage démographique et rapprocher les générations ? Nous avons tous les deux des relations fortes avec nos aïeux. Nous mesurons à quel point partager eux est riche de sens. Malheureusement, la vieillesse n’est pas véhiculée comme une expérience positive en France.

En quoi la France est-elle à la traîne ?

La France est très avancée sur la prise en charge médico-sociale des personnes âgées mais perçoit trop le grand-âge à travers le prisme de la dépendance. Or, seuls 6% des personnes de 60 ans et plus sont dépendantes. Cette partie de vie suscite la peur, l’angoisse. En l’absence d’une grande solidarité familiale, on délègue leur prise en charge aux institutions. On focalise sur ce que les « vieux » vont nous coûter plutôt que de miser sur leur potentiel. Ils ont de l’expérience, un savoir-faire, un savoir-être et plein d’envies. Autant en profiter !

Quels pays sont au programme de votre road trip ?

Le vieillissement de la population est un phénomène mondial. Nous avons opté pour des pays où la transition démographique est déjà bien amorcée, comme le Japon, le Canada les États-Unis, qui innovent chaque jour pour mieux prendre en charge les personnes âgées. Nous nous sommes aussi rendus au Brésil où la transition démographique s’est accélérée. Le Sénégal, l’Afrique du Sud, l’Europe et le Maroc seront nos prochaines destinations.

Quelles belles découvertes avez-vous fait jusqu’à présent ?

Elles sont très nombreuses. Dans une communauté indigène de Colombie, un programme éducatif a été en partie conçu à partir des connaissances des aînés. Histoire du peuple et de la langue, connaissances des plantes médicinales, spiritualité… Les éducateurs se sont reposés sur leur savoir pour créer le programme éducatif. Cet échange intergénérationnel est très inspirant. En Chine, les universités pour personnes âgées se multiplient dans les grandes villes. Y sont enseignées les langues, l’histoire, la musique, le chant, des activités sportives… En 2025, les seniors seront 300 millions en Chine ! A travers cette activité physique et mentale, l’état a compris qu’il pouvait ralentir la perte d’autonomie. Au Japon, nous avons été surpris de constater qu’une technique de soins appelée « Humanitude », inventée par deux français, était très répandue. Cette méthode consiste à utiliser au maximum le regard et le toucher pour communiquer avec des personnes âgées ou atteintes de la maladie d’Alzheimer. Or, le contact direct n’est pas du tout ancré dans la culture japonaise. Mais comme cet accompagnement dans la bientraitance a fait ses preuves, un programme de formation pour initier soignants et aidants familiaux a été mis en place dans tout le pays.

 

 

Au Brésil, nous avons rencontré les clowns thérapeutiques du Teatro do Sopro qui se rendent dans les maisons de retraite. Nous avons été bluffés par le lien qu’ils parvenaient à créer avec les résidents. En les déconnectant de leur quotidien, ils obtiennent des résultats fabuleux. Certains se sont alors mis à parler alors qu’ils n’avaient prononcé un mot depuis des années.

 

 

A votre retour, comment comptez-vous mettre à profit ces connaissances ?

Nous souhaitons communiquer sur les modèles alternatifs que nous aurons découverts et accompagner des entrepreneurs sociaux à lancer des projets autour de la question du bien-vieillir. Cette transition démographique représente de formidables opportunités. Elle va permettre d’innover en terme de services et de produits adaptés au grand-âge, de créer de l’emploi pour les plus jeunes, et de favoriser la cohésion sociale en misant sur les liens intergénérationnels. Les jeunes générations vont pouvoir bénéficier de l’expérience et de l’aide de leurs aînés, et les personnes âgées d’une vie sociale plus épanouie !

Découvrez aussi le formidable travail de la Fée Capucine qui rend visite aux malades en service de soins palliatifs à Rouen

Suivez le tour du monde de Julia et Clément et retrouvez les vidéos d’Oldyssey.

 

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