Anticiper sa mort et préparer ses obsèques

Comment faire connaître ses dernières volontés ?

En l’absence de testament ou de contrat obsèque souscrit chez une société de pompes funèbres, vous pouvez rédiger une “fiche d’instruction” et la ranger dans un endroit clef (votre livret de famille par exemple). Pensez à la mettre à jour régulièrement pour qu’elle reste réalisable au fil du temps, et ne se transforme pas en casse-tête pour vos proches.

Dernières volontés : que faut-il indiquer ?

Certaines informations aideront vos proches à faire les bons choix pour vos obsèques :

  • Crémation ou inhumation ? En cas de crémation, précisez si vous souhaitez que vos cendres soient dispersées dans un lieu que vous aimez, que votre urne soit inhumée dans un caveau familial, ou qu’elle soit déposée dans une case de colombarium dans le cimetière de votre commune… En cas d’inhumation, indiquez l’endroit dans lequel vous souhaitez reposer (en respectant le champ des possibles : cimetière de votre commune, cimetière de votre lieu de décès ou caveau familial).
  • Cérémonie laïque ou cérémonie religieuse ? en cas de doute possible : quelle religion ? Certains font le choix d’une cérémonie civile mais la font précéder d’une bénédiction religieuse.
  • Don d’organes ou opposition au prélèvement ?
  • Don du corps à la science ?

D’autres aspects peuvent également être précisés s’ils sont importants pour vous :

  • Soins de conservation (formolisation) ou simple toilette ? Toilette rituelle ?
  • Quels vêtements souhaiterez-vous porter pour votre dernier voyage ?
  • Quel(s) bijou(x) ? Quel parfum ?
  • Quels objets déposés dans votre cercueil ? ils doivent être biodégradables pour une inhumation (pas de pile par exemple) et en cas de crémation ne pas être susceptibles de créer une explosion (là encore pas de pile donc) ou de dégager des fumées toxiques.  Les objets couramment déposés sont des livres, des photos, des dessins…
  • Souhaitez-vous être veillé(e) ? A votre domicile ? Dans un salon funéraire ?

… la liste des consignes à donner est propre à chacun-e.

Vous pouvez aussi préparer une liste de personnes à informer de votre décès (ou à ne pas informer). Cela peut-être très utile pour vos proches car, le moment venu, pris par l’émotion, on a souvent peur d’oublier des gens.

Si vous le souhaitez, vous pouvez même préparer votre cérémonie :
Quelle musique souhaitez-vous faire entendre ? Quels textes lus ? et par qui ? Avez-vous envie d’un objet emblématique posé sur votre cercueil ou dans la salle de cérémonie ? Quelles fleurs autour de vous ? Voulez-vous que vos proches portent des vêtements particuliers ?

D’autres point peuvent être prévus et mentionnés dans votre fiche d’instructions :
le choix d’un épitaphe sur votre tombe
une consigne pour le faire part : don à une association ? Fleurs et couronnes ? Cagnotte pour plantations ultérieures ?… tout est possible.
Une collation après la cérémonie dans un lieu que vous aimez et qui rappellera des souvenirs à vos proches ?
La diffusion d’un avis de décès dans la presse ? Si oui dans quel journal ?
Une préférence pour votre cercueil : la forme, la matière, la gamme de prix, la couleur et le tissu pour l’habillage intérieur.
Le choix de l’urne en cas de crémation : en carton, en bois, en céramique, en plastique, en sel, en terre, en métal…  ou, à défaut d’un choix précis, une fourchette de prix.
Si vous souhaitez l’achat d’une concession dans un cimetière : inhumation en pleine terre ou construction d’un caveau ? Plantations ou monument funéraire ?

N’hésitez pas à laisser certains choix libres en indiquant à vos proches que vous leur faites confiance. Pour la cérémonie par exemple, cela peut être intéressant de ne pas tout prévoir. Choisir un morceau de musique, créer un diaporama avec des photos, écrire un texte, manifester sa peine à sa façon… ces gestes peuvent être des étapes utiles dans le chemin du deuil.

Où conserver mes dernières volontés ?

Votre fiche d’instruction ou liste de souhaits peut être glissée dans votre livret de famille, c’est le document qui sera demandé par la mairie ou la société de pompes funèbres au moment de votre décès. Vous pouvez aussi le transmettre par mail, en main propre ou par courrier, à une ou deux personnes de confiance qui pourront le moment venu faire valoir vos choix.

Comment rédiger mes dernières volontés ?

Des lettres type sont à votre disposition sur internet. Vous pouvez aussi demander l’aide d’un professionnel (juriste, conseiller funéraire, notaire…). Si vous souscrivez un contrat obsèques, un conseiller funéraire sera à votre disposition et il pourra authentifier vos écrits. Vous avez aussi la possibilité d’écrire vos volontés puis de les faire signer par deux personnes de votre entourage. Elles pourront ainsi attester de l’existence de cette fiche et de la véracité des instructions qui y figurent.

Faut-il faire authentifier ces dernières volontés par un notaire ?

Si vous craignez qu’elles ne soient pas respectées, vous pouvez en effet confier le document à un notaire afin qu’il en assure la conservation. Cela a un coût, 70 € environ. Après la certification de votre acte, le notaire mentionne le dépôt au FCDDV (le Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés). Ce registre est la garantie que vos dernières volontés seront conservées et consultables pendant cent ans. Mais sachez que beaucoup de familles n’obtiennent pas l’information en temps et en heure et la découvre après le temps des obsèques. Laisser ses instructions dans le livret de famille reste le meilleur moyen de s’assurer qu’elles seront connues en temps voulu.

Comment écrire un testament holographe ?

Pour faire connaître nos dernières volontés, la loi préconise de rédiger un testament. Tout individu âgé de 16 ans ou plus, disposant des capacités mentales pour exprimer seul sa volonté, a le droit de le faire. Plusieurs formes existent : le notarié, écrit devant notaire, ou l’olographe, écrit seul et à la main.

Lire nos conseils pour rédiger un testament olographe

Comment s’inscrire au registre de refus de don d’organes ?

Un registre a été créé spécifiquement pour cela : le Registre National des Refus. Il est géré par l’agence de la biomédecine. La démarche d’inscription peut se faire par courrier (envoi d’un formulaire) ou en ligne directement sur leur site : https://www.registrenationaldesrefus.fr. Une pièce d’identité recto/verso sera nécessaire à votre enregistrement. Vous pouvez à tout moment revenir sur votre refus en modifiant ou annulant votre enregistrement.

Comment puis-je faire connaître mon souhait d'avoir recours à la crémation ?

Vous pouvez tout simplement faire connaître votre souhait d’être crématisé à un membre de votre famille, à un voisin ou à un ami, qui pourra au moment de votre décès faire respecter votre volonté. Vous pouvez aussi, de votre vivant, remplir un testament crématiste qui se présente ainsi :

Testament crématiste de… (nom, prénom).
Ecrit et signé de ma main en possession de toutes mes facultés intellectuelles.
À ………………….. le ………………..(mois écrit en lettres)

Je soussigné(e) ……. (nom, prénoms) déclare vouloir être incinéré après mon décès. Je charge ……. (nom, prénoms) d’assurer l’exécution de ma volonté.
Je souhaite que l’incinération ait lieu au crématorium de … (ville à proximité de votre domicile) et que mes cendres soient… (plusieurs choix possibles – voir la question “Quels choix pour le repos de mes cendres ?” – précisez dans tous les cas le lieu souhaité).

Pensez à signer votre document.

Les démarches à effectuer après un décès

Qui appeler en cas de décès ?

La première personne à appeler est un médecin, il viendra constater le décès et établir le certificat de décès.
En cas de décès dans un établissement médical, c’est le personnel qui se charge de faire venir un médecin.
S’il s’agit d’une mort violente (accident ou suicide) c’est la police ou la gendarmerie que vous devez appeler.

Quelle est la première démarche à faire après un décès ?

Une fois le certificat de décès établi par un médecin, vous avez 24 h (en jours ouvrables) pour déclarer administrativement ce décès. Cette déclaration se fait à la mairie du lieu de décès. C’est le service état civil qui se charge de recueillir votre déclaration et qui vous remet plusieurs exemplaires d’actes de décès originaux. Le fonctionnaire qui vous reçoit met également à jour le livret de famille du défunt en y indiquant la date, l’heure et le lieu de sa mort. Ce livret vous est immédiatement rendu. Les actes de décès vous permettront d’avertir les différents organismes de la mort de votre proche : banque, mutuelle, caisses de retraite ou employeur, sécurité sociale… Souvent les sociétés de pompes funèbres se chargent pour les familles de cette déclaration en mairie, car leurs équipes devront, pour l’organisation des obsèques, se rendre dans ce service pour les différentes autorisations et déclarations propres aux funérailles (déclaration de transport, autorisation d’inhumation ou de crémation etc).

Qui établit le certificat de décès ?

Un médecin obligatoirement. Pas forcément votre médecin de famille, tout médecin que vous aurez contacté afin qu’il vienne constater le décès. Ce médecin sera donc en charge d’établir le certificat de décès qui mentionnera l’identité du défunt, le jour l’heure et le lieu de sa mort. Sur le certificat, le médecin indiquera également des informations relatives à une éventuelle contagion du défunt mais aussi la présence ou non d’un pacemaker (information indispensable car en cas de crémation ce dernier doit être obligatoirement retiré).

Quelles sont toutes les démarches à effectuer après un décès ?

Voici l’ensemble des démarches que vous aurez à effectuer suite à la mort d’un proche, après qu’un médecin vous ait remis le certificat de décès.
> Démarches à faire dans les 24 heures (en jours ouvrables, donc si le décès survient un samedi vous avez jusqu’au lundi -fermeture de la mairie- pour le déclarer) :
• Vous devez aller faire une déclaration de décès auprès de la mairie de la commune dans laquelle votre proche est mort. (voir FAQ > papiers nécessaires pour déclarer un décès). Si votre proche est mort à l’hôpital ou dans un Ehpad, les équipes se chargent habituellement de transmettre à la mairie le certificat de décès établi par le médecin.
• Prenez contact avec les organismes auprès duquel votre proche aurait pu souscrire une assurance décès ou un contrat obsèques : banque, assurance, société de pompes funèbres… Cette souscription s’accompagne généralement d’une distribution autocollants ou de cartes que la personne se charge de placer en évidence dans ses papiers officiels. Pas d’inquiétude si vous ne trouvez pas les éléments immédiatement, tous ces contrats prévoient le remboursement des sommes non utilisées sur présentation ultérieures des actes de décès et factures d’obsèques.
• Choisissez la société de pompes funèbres qui se chargera des funérailles de votre proche. Vous pouvez prendre contact par téléphone avec différentes sociétés afin de choisir celle qui sera la plus à même de vous accompagner au mieux, vous pouvez aussi demander des devis à 2 ou 3 pompes funèbres différentes afin de faire un choix éclairé.
> Démarches à faire dans les 7 jours
La loi prévoit que les obsèques d’un défunt doivent se dérouler dans les 6 jours suivant sa mort. Le délai de six jours est calculé à compter du lendemain de la date de décès et les dimanches et jours fériés ne sont pas compris dans le calcul de ce délai. Une dérogation peut être demandée auprès de la préfecture si vous avez besoin d’un temps plus long pour organiser les funérailles (famille éloignée, mort survenue pendant des vacances…etc). Une fois que vous aurez choisi la société de pompes funèbres, c’est leur équipe qui se chargera de toutes les démarches administratives liées aux funérailles de votre proche.
• Transmettez un acte de décès aux différents organismes susceptibles de verser de l’argent au défunt : employeurs, caisses de retraite, Pôle Emploi…
> Démarches à faire dans les 15 jours
• Envoyez une copie de l’acte de décès à la caisse de sécurité sociale et à la mutuelle. Si vous êtes le conjoint du disparu, et que vous remplissez les critères, pensez à remplir le dossier de demande de reversion pour en bénéficier.
• Prévenez la banque du décès de votre proche, les gens ont parfois plusieurs organismes bancaires donc n’oubliez aucun compte. Les comptes du défunt seront alors bloqués et sécurisés. Si un compte partagé existe, il ne sera par contre pas bloqué. A noter : les sociétés de pompes funèbres peuvent prélever jusqu’à 5000 € sur le compte du défunt (avec accord évidemment de la personne en charge des obsèques) sur présentation de la facture des obsèques à la banque.
• Prenez rendez-vous avec un notaire pour faire le point sur la succession : partage des biens immobiliers, du patrimoine du défunt et clauses des différents contrats éventuellement souscrit par votre proche.
> Démarches à faire dans le premier mois
Résiliez les différents abonnements du défunt (téléphone, internet, journaux et abonnements TV, eau et électricité de son logement…).
• Si votre proche était en location, résiliez le bail. Et si vous habitiez avec lui dans ce logement, mettez le bail à votre seul nom.
> Démarches à faire dans les six premiers mois
• Lors de la campagne fiscale annuelle, vous devrez déclarer les derniers revenus de votre poche auprès de l’administration.

  • Si vous avez hérité, vous aurez une déclaration de succession à faire auprès du Centre des Impôts lié au domicile de votre proche, sauf si vous êtes le conjoint ou l’enfant du défunt et que la succession est inférieure à 50 000 €.

Quels papiers dois-je fournir pour déclarer un décès auprès de la mairie ?

La déclaration de décès se fait auprès de la mairie de la commune dans laquelle le décès a eu lieu.

Vous aurez besoin pour cette déclaration :
de votre carte d’identité
du livret de famille du défunt ou s’il n’en a pas d’un acte de naissance. Si vous ne retrouvez pas ces papiers-là, munissez vous de sa carte d’identité ou de son passeport, dans ce cas la démarche prend un peu plus de temps car le fonctionnaire d’état civil doit obtenir auprès de la mairie du lieu de naissance du défunt un acte de naissance, indispensable à la rédaction de l’acte de décès.

Quel est le délai légal pour organiser des obsèques ?

En France, la loi prévoit que l’inhumation ou la crémation d’un défunt doit avoir lieu au minimum 24 heures après sa mort et au maximum 6 jours ouvrables (donc hors dimanche et jours fériés) après son décès.
En cas de famille vivant à l’étranger ou momentanément absente ou dans le cadre d’événements particuliers, une dérogation pourra être demandée à la préfecture afin d’allonger le délai légal des obsèques.

Ce sont les sociétés de pompes funèbres qui se chargent de cette demande de dérogation.
Dans le cas où la mort est survenue à l’étranger ou dans une collectivité d’outre-mer ou en Nouvelle-Calédonie, les obsèques peuvent se dérouler jusqu’à 6 jours après l’entrée du corps en France.
En cas d’autopsie ou d’enquête liée au décès, le délai légal des obsèques est allongé et c’est le procureur de la république qui donne son feu vert pour les funérailles par l’intermédiaire d’une autorisation d’obsèques (d’inhumation ou de crémation). A Paris, ce délai peut-être long car l’Institut Médico Légal est en charge de nombreux défunts.

A combien de jours de congés ai-je droit suite au décès d’un proche ?

En cas d’absence de convention collective ou d’accord d’entreprise plus favorables, voici ce à quoi vous avez droit d’après la loi :

Pour le décès d’un enfant : 5 jours ou 7 jours dans le cas d’un enfant âgé de moins de 25 ans ou si l’enfant décédé était lui-même parent. Depuis le 8 octobre 2020, en plus de ce congé de décès, le parent a droit à un congé de deuil de 8 jours si l’enfant avait moins de 25 ans lors de sa mort. Ce congé peut être fractionné en deux périodes et peut être pris dans un délai d’un an suivant le décès.

• Pour le décès d’une personne âgée de moins de 25 ans à sa charge effective et permanente : 7 jours

• Pour le décès du conjoint, du concubin ou du partenaire de PACS : 3 jours

• Pour le décès du père, de la mère, du beau-père, de la belle-mère, d’un frère ou d’une sœur : 3 jours

Coût des obsèques

Qui doit payer les frais d’obsèques ?

Toute personne proche peut payer les funérailles d’un défunt : famille, amis, voisins… Si personne ne se porte volontaire, les autorités (direction d’hôpital ou police selon le lieu du décès) chercheront le ou les héritiers.

Depuis 2013, un décret permet aux sociétés de pompes funèbres de prélever sur le compte du défunt jusqu’à 5000€ sur présentation de sa facture. Ce prélèvement se fait même sur un compte bloqué par le décès mais n’est évidemment réalisable que dans la limite du solde disponible. Si les ressources bancaires du défunt  sont insuffisantes, le solde sera réclamé à la famille. Les frais d’obsèques doivent être pris en charge par les descendants et ascendants du défunt et cela même si ces derniers ls renoncent à la succession. En cas d’héritiers multiples, le règlement des funérailles est proportionnel aux ressources de chacun.

Dans le cas d’un défunt sans famille et sans ressource, c’est la mairie de son lieu d’habitation qui prendra en charge ses frais d’obsèques.

Peut-on recevoir des aides pour payer les obsèques d’un proche ?

Si le défunt n’était pas encore retraité ou tout jeune retraité (moins d’un an), ses proches peuvent bénéficier du capital décès de la sécurité sociale qui, au 1er avril 2020, s’élevait à 3 472 €.

Ce versement concerne les défunts qui étaient dans l’une des deux situations suivantes pendant les 3 mois précédant leur décès :
– ils exerçaient une activité salariée ou percevaient une indemnisation par Pôle emploi
– ils étaient titulaires d’une pension d’invalidité / rente d’accident du travail ou de maladie professionnelle (AT/MP) correspondant à une incapacité physique permanente d’au moins 66,66 %.

Attention, le capital décès n’est pas attribué de façon automatique, le proche doit en faire la demande auprès de sa caisse primaire d’assurance maladie par le biais d’un formulaire. Il dispose de deux ans pour faire sa demande. En fonction de sa situation vis-à-vis du défunt, il sera bénéficiaire prioritaire ou non prioritaire du capital décès. S’il est bénéficiaire prioritaire, il a 1 mois seulement à compter du décès pour faire valoir son droit de priorité.
Plus d’informations sur le site de la sécurité sociale

Une aide peut également être versée par la Caisse d’Allocation Familiale si, suite au décès, le ou la conjoint(e) se retrouve avec un (ou plusieurs) enfant(s). Cette aide s’appelle l’Allocation de Soutien Familial (ASF), elle s’obtient sous certaines conditions et n’est pas versée automatiquement. Il faut en faire la demande auprès de la CAF.

Si le défunt était retraité, la Caisse National d’Assurance Vieillesse peut également rembourser une partie des frais d’obsèques. Ce remboursement est plafonné à 2286,74 €. Pour en bénéficier, il suffit de d’envoyer la facture des frais d’obsèques et l’acte de décès. La qualité d’héritier ou d’ayant droit n’est pas nécessaire pour obtenir ce remboursement. La CNAV procède à ce paiement si elle doit encore de l’argent au défunt (arriéré de pension de retraite).


Il faut savoir que lorsqu’un retraité décède, sa pension lui est due jusqu’à la fin du mois. Le remboursement se base sur cette somme. Par exemple: Michèle a perdu son père qui percevait, comme ancien salarié, une pension du régime général. Elle a acquitté les frais d’obsèques (montant: 5 000€). La pension restant à payer s’élève à 1 000€. C’est donc cette somme que peut lui rembourser la Caisse de retraite de son père.

Est-ce qu’une mutuelle peut nous aider à payer des obsèques ?

De nombreux contrats de mutuelles prévoient une garantie obsèques. Celle-ci permet de prendre en charge une partie des frais d’obsèques selon des paliers stipulés au contrat. Le plus simple est de prendre contact avec la mutuelle du défunt pour vérifier cette possibilité. Si cette participation aux frais d’obsèques est prévue, un tiers-payant peut-être organisé avec l’entreprise de pompes funèbres, dans ce cas l’allocation décès lui est versée directement.

Quel est le prix d’un enterrement le moins cher ?

Ce prix est très variable selon l’endroit où vous vivez, la société de pompes funèbres que vous mandaterez et les choix que vous ferez.

L’inhumation sera moins chère que la crémation si vous choisissez un achat de concession courte (10 ou 15 ans) et si vous déposez le cercueil en pleine terre sans prévoir ni caveau ni monument. Dans ce cas, seuls un creusement et une semelle pour délimiter la sépulture seront nécessaires.
La crémation peut éviter les frais liés à l’achat d’une concession et à l’aménagement d’un monument funéraire puisqu’elle offre la possibilité d’une dispersion des cendres dans le jardin du souvenir d’un cimetière et celle d’une dispersion en pleine nature.
Les cercueils les moins onéreux sont ceux aux formes simples construits en bois clair : le pin massif, le sapin. Certaines enseignes proposent aussi des cercueils en bois composites, qui sont également une solution économique.
Enfin, moins il y aura d’étapes dans les obsèques et plus vous allègerez les frais de personnel et de transport. Si le défunt reste au domicile ou en chambre mortuaire à l’hôpital ou à l’Ephad, ce sera moins coûteux que si on le déplace en chambre funéraire. De la même manière, une cérémonie dans un lieu unique comme le cimetière ou le crématorium sera moins onéreuse que des funérailles avec un passage à l’église, au temple ou dans une mosquée.

Soins au défunt

Comment se passe une toilette mortuaire ?

La toilette mortuaire consiste à laver le corps du défunt et le vêtir de façon à ce qu’il soit présentable à ses proches. Si le décès a eu lieu dans un établissement de santé, cette toilette peut être effectuée par le personnel soignant. Vous pouvez demander à y participer. Elle peut aussi être réalisée par un professionnel des pompes funèbres si le personnel soignant est en nombre insuffisant ou si vous avez des demandes particulières (teinture des cheveux, coiffure précise…).

Le matériel médical (pansements, perfusion, drains, cathéter…) mais aussi les accessoires (lunettes, montre, bijoux, prothèse auditive…) du défunt sont retirés au moment de cette toilette. Le corps est nettoyé de la tête aux pieds, les orifices sont obstrués avec du coton pour éviter les écoulements de liquide et s’il y a des plaies, elles sont recouvertes d’un pansement. Enfin, les yeux et la bouche du défunt sont refermés. Le défunt est ensuite vêtu avec les habits choisis par sa famille ou par lui-même de son vivant. Il est coiffé et maquillé légèrement pour qu’il paraisse moins livide.

C’est quoi les soins de présentation ou soins de conservation ?

Quand on parle de soins (de présentation ou de conservation) d’un défunt on parle de thanatopraxie. C’est une technique qui permet de suspendre, pour une durée limitée, les signes visuels de la mort. Elle redonne une apparence naturelle au défunt et peut permettre à la famille de le veiller de façon plus apaisée. Les soins de thanatopraxie sont souvent obligatoires en cas de transport international (selon les pays et les compagnies aériennes). Ils le sont aussi si l’on souhaite transporter son défunt sans cercueil 24h après sa mort.

Les soins de thanatopraxie consistent à injecter par voie intra artérielle entre 5 et 8 litres de solution formolée conservatrice et bactéricide dans le corps du défunt. L’intervention dure environ 1h30. Une ponction est réalisée pour évacuer les liquides biologiques (sang, urines…). Une fois ces opérations effectuées, le thanatopracteur procède à l’habillage, à la coiffure et au maquillage du défunt.

Quelle est la différence entre chambre funéraire et chambre mortuaire ?

La chambre mortuaire est un lieu aménagé dans un établissements de santé ou un hôpital, pour conserver les corps des défunts dans des cases réfrigérées. Elle est obligatoire dans les établissements qui recensent en moyenne 200 défunts par an. Elle est réservée en priorité aux personnes décédées dans l’établissement mais des accords peuvent exister entre hôpitaux voisins. La conservation du corps est gratuite les 3 premiers jours et le défunt peut rester au maximum 6 jours. Si personne n’a réclamé le corps dans ce délai, la limite est repoussée à 10 jours et des recherches de familles éloignées sont entreprises. Au-delà, l’établissement de santé est responsable de l’inhumation. Les chambres mortuaires disposent d’un espace pour recevoir les familles, notamment lors de la fermeture et du départ du défunt vers son lieu de repos. Des bénédictions religieuses peuvent être organisées en chambres mortuaires.

La chambre funéraire est un lieu géré par une entreprise de pompes funèbres, pour son compte ou celui d’une municipalité. Le défunt y est accueilli le temps que ses proches organisent ses obsèques. Les chambres funéraires disposent de salons spécialement adaptés pour que les proches puissent venir se recueillir auprès de leurs morts, ces salons sont permanents (24h/24) ou temporaires (1h par jour) selon le choix des familles. Les chambres funéraires sont accessibles à tous les proches, toutes les familles quelque soit leurs convictions religieuses. Une chambre funéraire ne pourra recevoir les personnes décédées de certaines maladies contagieuses qu’en cercueil fermé (peste, choléra, peste, tuberculose, covid…).

Choix du cercueil

Quel cercueil choisir ?

Vous pouvez vous inspirer de ce qu’aimait votre proche décédé(e). Etait-il (ou elle) plus sensible aux bois durs comme le chêne, le hêtre, le frêne, le noyer ? ou aux bois tendres comme le pin, l’acajou, le peuplier ?… Aimait-il les formes simples ou plus travaillées ? En France, on trouve 3 formes de cercueils principalement : le parisien (de forme hexagonale avec un dessus plat), le lyonnais (un quadrilatère au couvercle bombé) ou le tombeau plus travaillé.

C’est important de se fixer un prix maximum pour le cercueil afin de ne pas avoir de regret ensuite au moment de payer la facture. L’écart de prix est très important d’un cercueil à l’autre, selon les agences la gamme de prix s’étend de 300 à 3000 €.

Plusieurs agences de pompes funèbres proposent aussi des cercueils en carton, personnalisés (avec des photos de fleurs ou des dessins de bateaux) ou personnalisables (on peut peindre dessus, dessiner ou écrire des messages au moment de la cérémonie).

Quel cercueil choisir pour une crémation ?

Si le défunt a choisi une crémation, on peut choisir un cercueil dont l’épaisseur est  de 18 mm (contre 22 mm pour une inhumation) et on va privilégier un bois à crémation rapide (le pin par exemple). Néanmoins le choix d’un cercueil haut de gamme reste possible. Le cercueil reste un symbole important, et il est visible lors de la cérémonie. Il faut qu’il corresponde à la personnalité de votre proche et à vos goûts.Les pompes funèbres pourront vous renseigner sur les possibilités et les gammes de cercueils qu’elles proposent.

Où trouver un cercueil en carton ?

Plusieurs agences de pompes funèbres proposent ce cercueil pour la crémation ou une inhumation dans un cimetière écologique. Si votre choix se porte vers une crémation, il est important de vérifier auprès d’elles, que le crématorium de votre région accepte les cercueils en carton. Une quarantaine de crématoriums les refusent encore malgré le certificat d’agrément obtenu pour ce nouveau type de cercueil. D’autres vous imposent des horaires particulières pour la crémation d’un cercueil en carton ou vous font payer une taxe allant de 150 à 200 euros, en justifiant que cela occasionne l’encrassement des fours ou un temps plus long de combustion. En cas de refus du crématorium, contactez votre préfecture ou la DGCCRF.

Crémation : déroulement et prix

Quelle différence entre crémation et incinération ?

La crémation est une technique funéraire visant à brûler et réduire en cendres un corps humain. A ne pas confondre avec l’incinération qui consiste à brûler des déchets, ou des corps animaux, tandis que la crémation est réservée aux corps humains.

Comment se passe une crémation ?

La durée d’une crémation est de 2h30 en moyenne. La température du four est comprise entre 600 et 900 degrés. Une fois le corps crématisé, les cendres sont immédiatement récupérées par le personnel du crématorium, elles passent dans un concasseur qui trie les cendres des autres matériaux (prothèses par exemple). Seules les cendres sont ensuite gardées et déposées dans une urne cinéraire qui sera remise à la famille.

Peut-on choisir son crématorium ?

Si, en France, le choix du cimetière est réglementé, le choix du crématorium, lui, demeure entièrement à la discrétion des défunts et de leur famille. Sauf volonté particulière, l’entreprise de pompes funèbres en charge des obsèques s’occupe de cette question pour la famille.

Combien coûte une crémation ?

Chaque crématorium pratique des prix différents. Les équipes prennent en charge tout le processus de crémation, depuis la réception du cercueil jusqu’à la remise de l’urne à la famille. En France le tarif s’étend de 450 € à 750 € pour une crémation adulte.

Qu’est-ce qu’une urne funéraire ?

Une urne funéraire est un récipient destiné à contenir les cendres funéraires d’un défunt après sa crémation et jusqu’à leur dispersion éventuelle. Elle peut prendre plusieurs formes, mais la plus commune demeure celle d’un vase. Elle peut être placée directement dans une sépulture ou fixée sur un monument funéraire. Les urnes biodégradables peuvent être enterrées avec les cendres dans des espaces cinéraires écologiques et peuvent également être immergées en pleine mer.

A quel moment les cendres sont-elles remises ?

Selon l’horaire des obsèques, les cendres peuvent être remises à la famille le jour même de la crémation, qui dure en moyenne 2h30. Un RDV avec le crématorium sera fixé par la famille ou par l’agence de pompes funèbres en vue de cette remise d’urne. La remise d’urne a généralement lieu au cours du mois qui suit la crémation, lorsque la famille est fixée sur la destination des cendres.

Les bijoux doivent-ils être retirés avant la crémation ?

Ce n’est pas obligatoire mais conseillé. Un tri est fait en fin de crémation entre les cendres et les métaux et seules les cendres sont remises à la famille. Les bijoux ne seront donc ni récupérés ni placés dans l’urne cinéraire.

Destination de l'urne ou des cendres

Peut-on laisser l'urne au crématorium ?

Oui, on peut laisser une urne en dépôt pendant 1 an au crématorium, c’est un service payant. Au delà de cette année, si personne n’est venu récupérer l’urne, la famille sera prévenue et les cendres seront dispersées dans le jardin du souvenir du crématorium.

Quels sont les différents choix possibles pour la destination des cendres funéraires ?

Depuis 2008, la loi interdit de conserver l’urne funéraire d’un proche à domicile mais plusieurs choix sont possibles pour le dépôt de l’urne ou la dispersion des cendres.
Voici donc ce que vous pouvez indiquer dans votre fiche d’instructions ou votre testament crématiste :

Je souhaite que mon urne funéraire soit (4 choix possibles) :
• inhumée dans une case de columbarium dans le cimetière de …….. (commune où vous vivez).
inhumée dans le caveau funéraire (familial ou individuel) dans le cimetière de ………. (nom de la commune).
Scellée sur le monument funéraire (caveau familial ou sépulture individuelle) situé dans le cimetière de ………. (nom de la commune).
Immergée dans la mer au large de ……. (localisation maritime). Le choix pour cela sera celui d’une urne biodégradable, certaines sont spécialement conçues en sel.

Je souhaite que mon urne funéraire repose au sein de la propriété privée de …….. (depuis 2008, personne ne peut conserver à son domicile une urne funéraire mais dans le cas de propriétés vastes et offrant un libre accès aux personnes souhaitant venir se recueillir une autorisation préfectorale peut être exceptionnellement accordée).

Je souhaite que mes cendres funéraires soient (3 choix possibles)
• Dispersées dans le Jardin du souvenir du cimetière de ……. (nom de la commune).
• Dispersées dans la nature ……. (localisation précise de l’endroit de dispersion, ce lieu devra ensuite être indiqué par vos proches à la mairie de votre lieu de naissance ou à la mairie du lieu où seront dispersées les cendres via une simple déclaration).
• Immergée dans la mer (ou l’océan) au large de ……. (localisation maritime). Seules les cendres sont alors immergées et l’urne est conservée par la famille.

Où peut-on disperser les cendres après une crémation ?

Les dispersion de cendres sont réglementées, en zone habitée elles ne peuvent se faire qu’à l’intérieur d’un cimetière, dans le jardin ou le puit du souvenir. La dispersion en pleine nature est autorisée : dans la mer (à au moins 6 miles des côtes soit 9 km), dans les rivières non navigables et en pleine nature (hors zones urbaines).

Puis-je disperser les cendres en pleine nature ?

Oui, la dispersion des cendres en pleine nature est autorisée. Tout bois, parc ou forêt situé en zone urbaine n’est pas considéré comme un lieu de pleine nature.

Puis-je disperser les cendres au pied d’un arbre dans un parc ?

Non car la dispersion des cendres n’est pas autorisée dans un lieu public situé en zone urbaine.

Ai-je besoin d’une autorisation pour disperser les cendres ?

Non aucune autorisation n’est nécessaire, sauf dans le cas d’une dispersion dans une propriété privée (la demande est dans ce cas à faire auprès du préfet). Par contre, vous devez déclarer cette dispersion auprès de la mairie de naissance du défunt afin que le jour et le lieu de la dispersion soient inscrits dans un registre.

Qu'est-ce qu'un site cinéraire ?

Un site cinéraire est désormais obligatoire dans les cimetières pour toutes les communes de plus de 2000 habitants. Il s’agit d’un espace de dispersion des cendres et de recueillement pour les familles.

Qu'est-ce qu'un columbarium ?

Un colombarium est un ensemble de cases visant à accueillir des urnes cinéraires. Leurs plaques de fermeture peuvent accueillir les gravures des noms des défunts et souvent des espaces sont prévus pour déposer des fleurs et objets comme pour une tombe.

Qu'est-ce qu'un caveau à urnes (ou cavurne) ?

Un cavurne est une sépulture enterrée visant non pas à recevoir un cercueil mais une urne cinéraire. Un cavurne donne lieu à un creusement et un aménagement de caveau, souvent plusieurs urnes peuvent être accueillies dans un cavurne.

Qu'est-ce qu'un jardin du souvenir ?

C’est un espace dans lequel les cendres des défunts sont dispersées. Certaines communes aménagent leurs jardins du souvenir avec un espace de recueillement pour les familles et conçoivent aussi une stèle commune permettant de coller les plaque d’identité des défunts concernés.

Peut-on garder les cendres d’un défunt à domicile ?

Depuis la loi funéraire de 2008, il est interdit de conserver les cendres funéraires chez soi. Néanmoins, une fois les cendres dispersées, vous pouvez disposer de l’urne funéraire vidée comme bon vous semble, y compris la garder chez vous.

Puis-je disperser les cendres d’un défunt dans mon jardin ?

Là encore c’est interdit depuis la loi de 2008, sauf autorisation spéciale du préfet. Vous devrez, dans ce cas-là, garantir l’accès à votre jardin à toute personne souhaitant venir se recueillir.

Peut-on inhumer une urne dans une concession funéraire ?

Oui bien sûr, une urne peut être inhumée dans une concession au même titre qu’un cercueil.

Les cendres d’un défunt peuvent-elles être partagées ?

Non, la loi de 2008 interdit le partage des cendres d’un défunt.

Quelles sont les règles à respecter pour la dispersion en pleine mer ?

Vous devez être à 6 miles des côtes.

Quelles sont les règles à respecter pour la dispersion en pleine nature ?

Vous devez être loin des habitations, en dehors de toute zone urbaine.

Faut-il une autorisation pour procéder à une crémation ?

Oui, une autorisation est indispensable. La demande se fait auprès de la Mairie du lieu de décès, par les opérateurs des pompes funèbres généralement. La demande ne sera pas accordée si le défunt portait un pacemaker et qu’il n’a pas été retiré.

Crémation : pourquoi doit-on enlever les prothèses cardiaques ou tout autre élément fonctionnant au moyen d'une pile ?

Ce retrait des prothèses cardiaques est indispensable car ces éléments sont susceptibles d’exploser lorsqu’ils sont soumis à des fortes températures, ce qui est le cas pendant une crémation (entre 600 et 900°C). Ce qui endommagerait les appareils et pourrait blesser le personnel.

L’incident viendrait en outre perturber le travail de deuil de la famille concernée et l’arrêt du four créerait de graves difficultés pour les familles dont les obsèques étaient prévues les jours suivants.

Comment peut-on être certain que les cendres des défunts ne sont pas mélangées ?

Les crématorium ont pour obligation de nettoyer le four après chaque passage et de récupérer l’entièreté des cendres de chaque défunt avant de procéder au concassage.

Le cercueil en carton est-il compatible avec la crémation ?

Oui, les cercueils en cartons ont reçu l’agrément préfectoral pour la crémation mais pourtant plusieurs crématorium en France les refusent (44 au total) car ils estiment qu’ils salissent leurs conduits. En cas de refus du crématorium, contactez votre préfecture ou la DGCCRF.

Inhumation/Enterrement

Peut-on choisir librement son cimetière ?

On ne peut prétendre à une concession dans un cimetière qu’auprès de la commune où l’on habitait ou de la commune où l’on est décédé. On peut par contre être enterré dans une concession familiale pour laquelle non est ayant droit partout en France.

Où peut-on se faire enterrer ?

Dans la commune où l’on habitait, celle de son décès ainsi que dans une concession familiale située partout en France, et dans son jardin à certaines conditions.

Peut-on se faire enterrer avec tous les objets que l’on souhaite ?

Ne doivent être placés dans le cercueil que des objets biodégradables. Livres, cartes postales et dessins sont les plus courants

Peut-on se faire enterrer avec son animal de compagnie ?

Non, ce n’est pas autorisé.  Selon le code général des collectivités territoriales, la sépulture dans un cimetière communal est réservée aux seuls humains. La notion de dignité des morts, inscrite dans la loi, implique de séparer les espaces dédiés à l’inhumation des hommes et des animaux de compagnie. Aucun maire ne peut donc autoriser l’inhumation d’un animal ou de ses cendres, demandée par une famille ou un propriétaire de caveau.

Le cercueil en carton est-il compatible avec l’inhumation ?

Non, en France seule la crémation est possible avec le cercueil en carton. Sauf pour une inhumation dans un cimetière écologique (Le cimetière d’Ivry par exemple).

Puis-je me faire enterrer dans mon jardin ?

Une inhumation sur le terrain d’une propriété privée est possible à titre exceptionnel, la demande doit être déposée auprès du préfet. Les formalités peuvent être accomplies par l’opérateur de pompes funèbres ou par vous-même. Trois conditions doivent être remplies : votre propriété doit être située hors zone urbaine, aucune nappe phréatique doit être située dans son sous-sol (pour le prouver vous devrez obtenir l’avis d’un hydrogéologue en vous adressant à l’Agence Régionale de Santé, enfin vous devrez garantir un accès libre à la sépulture afin de permettre à toute personne de venir se recueillir auprès du défunt.

Enterrement écologique

Qu’est-ce que des funérailles écologiques ?

Des funérailles écologiques consistent à tenter de réduire au maximum l’impact de nos obsèques sur la nature. On évitera donc les soins de conservation à base de formol. Nous choisirons également de réduire au maximum les distances parcourues par notre corps après notre mort (maintien à domicile ou à l’hôpital).

Pour le choix du cercueil nous pourrons choisir soit un cercueil en bois issus de forêts françaises gérées durablement soit un cercueil en carton. Nous ne garnirons le cercueil d’aucun capiton ou d’un capiton en coton biologique. Enfin, nous pourrons décider d’être enterré dans un cimetière écologique ou paysager et nous ferons le choix d’une inhumation en pleine terre, sans construction de caveau. Notre sépulture sera naturelle, sans monument ni pierre tombale, de la terre et des plantations tout simplement. Nous pourrons également faire le choix de la crémation avec une dispersion des cendres au jardin du souvenir, en pleine nature ou dans une forêt cinéraire. Evidemment, nous choisirons une société de pompes funèbres sensible aux valeurs écologiques dont les pratiques sont respecteuses de l’environnement (budget publicitaire réduit, véhicules propres, fournisseurs et prestataires locaux…).

C’est quoi un cimetière vert ?

Les cimetières verts fleurissent en Allemagne, en Autriche, au Pays-Bas et aux Royaume-Uni mais ils sont rares en France. Notre pays n’en compte que deux, l’un à Niort entièrement écologique, l’autre à Paris où il s’agit plus précisément d’un espace écologique au sein du cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine.
Le cimetière naturel de Niort s’étend sur 4 hectares. Ici, ni monument ni caveau, les inhumations se font en pleine terre et seuls sont autorisés les cercueils en bois non traités et non lasurés et les cercueils en carton. Les urnes cinéraires doivent être biodégradables. Les soins de conservation ne sont pas interdits mais doivent être dans la mesure du possible évités puisque le formol injecté dans le corps se répand ensuite dans les sols et les pollue. Les familles sont aussi incitées à vêtir leur défunt avec des vêtements en matières naturelles, telles que le coton, le chanvre, le lin…  Enfin, aucun produit phytosanitaire n’est utilisé pour l’entretien du cimetière et seules les allées piétonnes sont tondues.

Funérailles écologiques à l'étranger

Qu’est-ce que l’aquamation ?

La technique funéraire d’aquamation, ou crémation liquide, consiste à dissoudre un corps dans un bain de sodium et de potassium sous pression et chauffé entre 95 et 150 °C. L’hydrolyse alcaline décompose entièrement le corps à l’exception des os. Cette technique est notamment utilisée en abattoirs, lors d’épidémies, pour ne pas relâcher d’agent infectieux dans l’atmosphère.

L’aquamation est-elle légale ?

L’aquamation est légale en Australie, dans certains états des Etats-Unis et au Canada, mais pas encore en France.

Qu’est-ce que la promession ?

La promession est un procédé funéraire par le froid inventé en Suède. Le corps est congelé dans de l’azote liquide. Un système de table vibrante le réduit ensuite en particules. On retire l’eau et les résidus de métaux, puis on regroupe les restes funéraires dans une urne. Cette technique funéraire n’est pas autorisée en France.

Qu’est-ce-que l’humusation ?

L’humusation ou compost humain, est un procédé funéraire qui consiste à recycler le corps humain en humus. Le corps est déposé à même le sol, sans cercueil, puis recouvert de bois d’élagage et de feuilles mortes. Après 12 mois, le corps s’est entièrement décomposé, il est devenu matière à compost et peut être utilisé comme engrais pour des plantations.

L’humusation est-elle légale ?

Non, l’humusation n’est pas légale en France. Seul l’Etat de Washington aux Etats-Unis a légalisé cette technique funéraire.

Qu’est ce que la “recomposition” ?

La recomposition est une méthode américaine qui accélère l’humusation. Le corps du défunt est placé dans un silo et non plus à même le sol. On contrôle ainsi l’aération et la transformation du corps en compost est plus rapide (1 mois au lieu de 12).

Questions pratiques sur les services funéraires

Est-il possible d'organiser une cérémonie religieuse au crématorium ?

La plupart des crématoriums sont dotés d’une salle de cérémonie dédiée aux célébrations, aussi bien religieuses que laïques. Cet espace dispose de tout l’équipement nécessaire à un office : pupitre, bancs, écran vidéo, haut-parleurs… Ce lieu est réservé en priorité aux cérémonies qui précèdent une crémation. Néanmoins certains établissements permettent d’y organiser des commémorations.

Peut-on interdire la présence d’une personne à un enterrement ?

Le cimetière est un lieu public, on ne peut donc pas, en principe, en empêcher l’accès. Pour pouvoir interdire à quelqu’un de venir à des funérailles, il faut que le défunt le stipule par écrit, de son vivant.

En l’absence de dernières volontés, la famille peut opter pour la discrétion afin de ne pas alerter la personne indésirable. Pour cela, il faut, par exemple, organiser une cérémonie intime en limitant le nombre d’invitations et ne pas indiquer la cérémonie lors de la diffusion de l’avis de décès.

Enfin, si la personne se présente quand même, elle peut être exclue en cas de comportement contraire à l’ordre public, ou dans ce cas précis, qui trouble la cérémonie. Prévenez alors la Mairie, elle est responsable de « la sûreté, la tranquillité et la salubrité publiques ou la décence des funérailles », comme le précise l’article L. 2213-7 du Code Général des Collectivités Territoriales.

Vous pouvez aussi lui demander discrètement de partir si sa présence n’est pas souhaitée.

Cérémonie laïque : comment personnaliser l’au-revoir ?

Cérémonie laïque : comment personnaliser l’au-revoir ?

Peut-on organiser des obsèques soi-même ?

Non. L’organisation des obsèques en France relève exclusivement du « service extérieur des pompes funèbres » par opposition au service intérieur (c’est à dire le culte). Pour assurer cette mission de service public, les opérateurs, qu’ils soient publics ou privés, doivent depuis la loi du 8 janvier 1993 relative à la législation dans le domaine funéraire avoir obtenu une habilitation délivrée par le Préfet de Police ou par le Préfet du département. Le service extérieur comprend : le creusement et le comblement des fosses au cimetière (circulaire n° 95-169 du 15 mai 1995 – CAA Marseille, 4/04/2005, n°01MA02179) ; le transport des corps avant et après mise en bière ; l’organisation des obsèques ; les soins de conservation ; la fourniture des housses, des cercueils et de leurs accessoires intérieurs et extérieurs ainsi que des urnes cinéraires ; la gestion et l’utilisation des chambres funéraires ; la fourniture des corbillards et des voitures de deuil ; la fourniture de personnel et des objets et prestations nécessaires aux obsèques, inhumations, exhumations et crémations, à l’exception des plaques funéraires, emblèmes religieux, fleurs, travaux divers d’imprimerie et de la marbrerie funéraire (art. L2223-19 CGCT). Pour obtenir cette nécessaire autorisation d’exercer, les opérateurs doivent remplir certaines conditions notamment de capacité professionnelle et d’honorabilité (Article L2223-23 du CGCT)

Néanmoins, l’intervention des familles (donc à titre gratuit) dans l’organisation même des obsèques est possible : soit parce que le cadre légal le permet, soit et c’est plus rare par dérogation (sous réserve de l’interprétation souveraine des juges). Les cas les plus couramment observés sont la pratique d’une toilette rituelle, l’organisation d’une veillée mortuaire à domicile, la conduite d’une cérémonie civile ou le portage du cercueil par les proches mais des cas moins courants ont été observés tels que la fabrication du cercueil ou de l’urne cinéraire, le creusement de la fosse au cimetière ou la construction de monuments funéraires.

S’agissant du cercueil, un opérateur serait en droit de refuser d’accepter une bière fabriquée par la famille. En effet, les articles R2213-25 et suivant précisent que les cercueils, qu’ils soient destinés à l’inhumation ou à la crémation, doivent répondre à des caractéristiques spécifiques établis par arrêté ministériel comme la résistance, la biodégradabilité ou l’étanchéité (Arrêté du 20 décembre 2018 NOR: SSAP1835083A). En bref, un cercueil doit être homologué. S’agissant de l’urne cinéraire, il n’existe pas de texte précisant des caractéristiques réglementaires. L’usage veut cependant qu’elle ait une contenance de 3 litres.

Plus problématiques sont les cas relatés de maires ayant autorisés la famille à creuser la fosse accueillant le cercueil ou à créer et poser un monument funéraire. S’agissant du creusement, le concessionnaire peut faire valoir son droit à disposer de son terrain (droit réel immobilier sur sa concession) et invoquer les dispositions de la circulaire n° 95-169 du 15 mai 1995 qui permet à titre exceptionnel cette action (Voir Damien Dutrieux, « Creusement de fosse par une famille », Résonance, 4/02/2009). Cependant, il revient au maire au titre de son pouvoir de police spéciale d’en contrôler la faisabilité (garanties), de faire respecter le règlement intérieur du cimetière qui s’impose aux professionnels comme aux familles et de veiller au respect plus général de l’ordre public (sécurité et salubrité publiques en tête). Les mêmes remarques s’appliquent s’agissant de la création et de la pose d’un monument. Le maire est en droit de demander des garanties quant à la sécurité des personnes et des biens (terrains et monuments voisins).

En conclusion, si certaines interventions sont possibles légalement, elles ne s’entendent à notre sens que sous la supervision éclairée d’un opérateur. Il reste évident que seul un professionnel habilité peut garantir la conduite et le respect des règles de l’art.

Je dois me rendre à un enterrement, question pratiques

Comment s’habiller pour un enterrement ?

Il n’y a pas de règle universelles, tout dépend du défunt et de sa famille. Renseignez-vous au préalable sur un éventuel thème ou dress code. Ne vous présentez pas tout de noir vêtu si la famille veut des funérailles joyeuses et colorées.

En l’absence dress code, il est de coutume en Occident de s’habiller en noir, couleur du deuil, pour des funérailles. Les couleurs sombres comme le gris ou le bleu marine sont acceptées également pour marquer la tristesse partagée. Une touche discrète de couleur peut égayer l’ensemble avec une pochette ou un petit accessoire, surtout si la personne avait un tempérament joyeux. Attention néanmoins de ne pas faire trop flashy non plus.

Evitez les tenues trop décontractées (tee-shirt, jeans, short, robe ou jupe courte, survêtement…) qui pourraient être interprétées comme un manque de respect. Privilégiez le tailleur ou la robe longue pour les femmes et le costume pour les hommes. Préférez un col rond et une tenue qui couvre au moins jusqu’au coudes et aux genoux. Encore une fois, tout dépend des circonstances, une robe ou une chemise et un pantalon peuvent faire l’affaire. (Pour les petits malins, le pantacourt couvre certes les genoux mais il reste interdit en toutes circonstances, même hors cérémonie).

Quelles chaussures porter à un enterrement ?

En règle générale, privilégiez des chaussures sobres et élégantes pour marquer votre respect à la famille et à la solennité de la cérémonie. Garder néanmoins l’aspect pratique en tête. Vous resterez longtemps debout ce jour-là et devrez marcher dans un cimetière aux allées parfois accidentées, pavées ou recouvertes de gravier. Préférez donc les semelles plates aux talons hauts.

Un enfant peut-il assister à un enterrement ?

Selon la psychologue Hélène Romano, un enfant à toute sa place aux funérailles. Assister à la cérémonie, c’est lui permettre de participer aux rituels, de dire au revoir au défunt. Avant le jour J, il est important de lui expliquer comment les choses vont se dérouler, quelles seront les différentes étapes. On peut l’inviter à préparer un dessin, une lettre, choisir un objet qu’il pourra déposer dans ou près du cercueil. Assurez-vous cependant qu’un adulte sera disponible près de lui durant toute la durée de la cérémonie, pour répondre à ses questions, le rassurer, voire le consoler.

Recevez la newsletter de Happy End