Au Portugal, la loi sur l’euthanasie entre les mains du président

Euthanasie-portugal

Les députés portugais ont voté le vendredi 29 janvier en faveur du projet de loi sur la légalisation de l’euthanasie. Le Portugal devient ainsi le quatrième pays européen à légaliser la “mort médicalement assistée”, après les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. Une pratique encore très peu répandue, même à l’échelle mondiale, car seulement 8 pays (Portugal compris) l’ont légalisée à ce jour, dont la Nouvelle-Zélande et l’Espagne ces derniers mois. Quant à la France, si l’euthanasie active reste interdite, l’euthanasie passive est autorisée depuis 2016.

Une victoire silencieuse

Néanmoins, pas de gros titres, ni de célébrations au lendemain de ce vote historique. La presse se fait discrète sur le sujet et aucune manifestation publique n’a été organisée suite à cette décision. Deux raisons expliquent ce silence. Tout d’abord, ce large plébicite (136 députés en faveur contre 74 opposants et 4 abstentionnistes) sur le suicide assisté était prévisible. Car le texte soumis au vote était le condensé de 5 lois sur l’euthanasie déjà validées il y a un an. Ensuite, la situation d’urgence sanitaire mobilise actuellement pleinement médias et politiques.

Un accès à l’euthanasie très encadré

Les conditions d’accès détaillées dans le projet de loi voté vendredi sont les suivantes : cette pratique reste interdite aux mineurs. Elle sera réservée aux personnes « en très grande souffrance » ou « atteintes de lésions d’une extrême gravité ». Les patients devront en outre être diagnostiqués comme dépourvus de troubles mentaux, et parfaitement aptes à prendre cette décision.

Enfin, la demande d’euthanasie doit être doublement validée : d’abord par un comité composé de deux médecins et d’un psychiatre, puis, dans un deuxième temps, par un autre médecin, en présence de témoins. Cette légalisation de l’euthanasie prévoit également la fin des peines de prison pour les individus « aidant » un patient à mourir.

Une légalisation de l’euthanasie qui fait débat

Même si ce vote était attendu, le débat sur l’euthanasie a été le fruit de débats houleux. Le Portugal, pays encore majoritairement catholique, a été en 2020 le théâtre de plusieurs manifestations opposées à ce projet de loi. Des personnages publics y avaient pris part, comme Fernando Santos, le sélectionneur de l’équipe de football portugaise. 

Une légalisation qui a tenté d’être empêchée.  

Par ailleurs, la Fédération portugaise pour la vie, association catholique, avait tenté de bloquer ce projet de loi en rassemblant 100 000 signatures en faveur d’un référendum sur la question. Le recours avait finalement été annulé par le parlement portugais en octobre 2020. A l’annonce de ce vote en faveur de la légalisation de l’euthanasie, le conseil des évêques portugais à fait savoir « sa tristesse et son indignation ».

Encore un espoir pour les anti-euthanasie. 

Néanmoins, il reste un espoir aux militants “pro vie” puisque le président de la République Marcelo Rebelo de Sousa, récemment réélu, a un délai de huit jours pour promulguer cette loi. Sans quoi, il peut également décider de la renvoyer devant la Cour Constitutionnelle ou demander son réexamen par l’Assemblée de la République. Un dénouement qui reste imprévisible puisque Marcelo Rebelo, catholique pratiquant, ne s’est jamais exprimé publiquement sur la question de l’euthanasie. 

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