Plus de morts que de vivants sur Facebook dans 50 ans

Selon une étude, le nombre d’utilisateurs de Facebook décédés dépassera celui des vivants avant la fin du siècle. Le réseau social pourrait compter 4,9 milliards de défunts en 2100. Les chercheurs s’inquiètent du sort des données des disparus.
morts Facebook@Unsplash

Déjà 30 millions d’utilisateurs décédés

Et si le plus grand cimetière du monde tenait dans votre téléphone ? Chaque minute, 3 utilisateurs de Facebook décèdent. En 2012, soit huit ans après la création du réseau social, on estimait à 30 millions le nombre d’utilisateurs décédés.

Des chercheurs d’Oxford Internet Institut, affiliés à l’université d’Oxford, ont étudié l’accumulation des profils des défunts sur Facebook. Si le réseau maintient sa croissance, la plateforme devrait compter 4,9 milliards de personnes décédées en 2100. Les chercheurs basent leurs calculs sur le nombre d’utilisateurs actuels que revendique la plateforme (environ 2,3 milliards) et les chiffres de l’ONU sur la démographie et la mortalité de chaque pays.

Ainsi les morts sur Facebook dépasseront les vivants en 2070, si le nombre d’utilisateurs actifs reste le même. Mais encore faudrait-il que Facebook existe toujours dans un demi-siècle…

Sauvegarder la mémoire des morts sur Facebook

Carl J. Öhman et David Watson, les auteurs de la recherche, mettent en garde : « En discutant de nos résultats, nous nous sommes inspirés des études émergentes sur la préservation numérique et avons souligné les difficultés que pose la gestion des profils des défunts. Nous soutenons qu’une approche exclusivement commerciale de la conservation des données pose d’importants risques éthiques et politiques qui nécessitent un examen urgent. Nous appelons à un modèle de conservation évolutif, durable et digne qui intègre les intérêts de multiples parties prenantes. »

Qu’adviendra-t-il des comptes mémoriels, des données des défunts, si l’entreprise privée n’y trouve plus son compte ? Ou si elle fait banqueroute ? Seront-ils purement et simplement effacés ?

Pour protéger ce « patrimoine numérique », les deux chercheurs estiment nécessaire un archivage par diverses institutions : « des États, des ONG, des universités, des bibliothèques, des musées et tout autre type d’institution offrant des perspectives uniques sur la valeur de notre patrimoine numérique ». Les Etats-Unis le réalisent déjà dans un but historique pour Tweeter. La bibliothèque du Congrès américain archive des milliards de tweets publics depuis 2006.

Facebook prend conscience peu à peu de son rôle mémoriel. En avril dernier, l’entreprise a ainsi annoncé son intention de modifier ses algorithmes pour respecter davantage les familles. Elle permet à un contact légataire, désigné par le propriétaire du compte, de transformer sa page en compte de commémoration suite à son décès. Le réseau social garantit ainsi de ne plus envoyer de notifications aux « amis » de l’utilisateur décédé. Ces rappels d’anniversaires ou notifications si mal vécus par les proches…

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